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Nous avons pu, chez quelques-uns de nos malades, prélever un ganglion cervical avant son ramollissement. Qu'il s'agisse d’un sujet manifestement tuber culeux ou d’un individu indemne de toute autre lésion bacillaire évidente, le résultat de l’examen histologique a été le même, et nous n’avons pas été frappé par des dissemblances notables entre les coupes de ganglions provenant de ces différents malades : remplis de cellules géantes entourées d’une couronne de cellules épithélioïdes, à protoplasma abondant, à noyau clair, et d’une zone périphérique de cellules lymphoïdes, ces ganglions avaient tous la structure du ganglion tuberculeux classique.
Lorsque — cas le plus fréquent — nous avons en affaire à des adénopathies suppurées non ouvertes. nous avons trouvé des bacilles de Koch, au simple examen direct du pus prélevé par ponction aseptique et coloré par le Ziehl, selon la technique habituelle, dans un septième des cas. Nous l’avons décelé beaucoup plus fréquemment chez certains sujets, où l’aspect assez inflammatoire de la lésion, son augmenta. tion relativement rapide de volume, l’absence d’antécédents ou de stigmates bacillaires chez le malade auraient pu, au premier abord, faire songer à une adénite subaïgue plutôt qu’à la scrofule. L’absence de lésions locales susceptibles d'expliquer cette adénopathie qui existait depuis longtemps sous un volume beaucoup plus réduit, doit cependant faire poser le diagnostic de la nature avant l’examen du pus (ex. : obs. IX).
Lorsque l’examen direct du pus recueilli ne nous # pag révélé la présence de bacilles, des cobayes ont
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été inoculés. Presque tous ies animaux sont morts dans des délais variables et le B.K. a été mis en évi. dence dans les lésions trouvées à l’autopsie; nous avons obtenu des résultats identiques dans le cas d’adénopathies déjà fistulisées. Deux animaux sont encore vivants au moment où nous écrivons ces lignes, et l’un d’eux est inoculé depuis plus de quatre mois. Si dans ce cas, nous ne pouvons affirmer déjà qu’il est devenu tuberculeux, la tuméfaction ganglionnaire qu’il présente dans le territoire correspondant au point d’inoculation et son état cachectique rendent cette hypothèse des plus vraisemblables.
Nous ne nous croirions d’ailleurs pas davantage autorisés à nier la tuberculose si, l’animal mort ou sacrifié, la recherche du bacille de Koch dans les différents viscères ou ganglions examinés, se montrait négative. En effet, le polymorphisme du virus tuberculeux est actuellement un fait "ui paraît solidement établi. H. Durand à depuis longtemps attiré l’attention sur ces faits, et Arloing et Dufourt (de Lyon), ont pu écrire avec raison ( qu’on est conduit à admettre que la recherche du B.K. dans une lésion est dépourvue de toute signification si elle est négative ». Des lésions tuberculeuses où des examens répétés, soigneux et approfondis ne décellent pas l’agent de la tuberculose sous son aspect bacillaire acido-résistant, peu: vent être parfaitement produites par une forme quel: conque du virus, différente de celle-ci qui peut, sans doute, au cours de son cycle évolutif, reprendre à de certains moments cette apparence bacillaire acido-résistante.
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Sans aller jüsqu'à admettre, comme certains auteurs, que la forme bacillaire acido-résistante est pro: bablement la forme la plus rare du virus tuberculeux, il semble bien toutefois que l’on puisse dire que ce virus peut se développer, se multiplier, causer dans les tissus des dommages plus ou moins importants, sous de tout autres forme que cette dernière. Les inoculations au cobaye de produits tuberculeux peuvent ne pas provoquer, chez l’animal, des lésions ty: piques de la tuberculose expérimentale, qu’il s'agisse d’inoculation de produits contenant seulement le virus filtrant ou des bacilles de Koch qu’on aura pas su mettre en évidence à l’examen direct. C’est dans tous les organes, dans les ganglions de tous les groupes, qu’il faudra rechercher avec soin le bacille de Koch chez les animaux inoculés. Ce n’est parfois qu'après nn certain nombre de passages, souvent au bout d’un temps assez long d’inoculation, qu’on parviendra à trouver le bacille acido-résistant. Jusqu'à ce que l’on possède une technique qui permette de colorer, d’identifier tous les aspects morphologiques qu'est sans doute susceptible de révéler le virus tu: berculeux, nous n’aurons pas le droit de nier avec certitude l’origine tuberculeuse.
Aussi bien, ne nous semble-t-il pas indispensable de séparer, comme le fait Rohmer, la scrofulo-tuberculose dans laquelle le Bacille de Koch peut être mis en évidence, de la « scrofule » proprement dite, cons: tituée par la rhinite chronique, la kerato-conjonctivite phlycténulaire récidivante et l’otite chronique, état scrofuleux qui ne serait qu’une réaction tuber-
Te Te eulo-toxique chez un sujet lymphatique « car, comme l’ajoute cet auteur, ces lymphatiques présentent non seulement une cuti-réaction positive, mais d'habitude aussi d’autres signes cliniques d’une lésion tubereu: leuse ».
Evidemment le fait de déceler le bacille de Koch au niveau d’une lésion, ne suffit pas à prouver péremptoirement que cette dernière est d’origine tuberculeuse: il peut, en effet, ne s'agir que d’une simple
infection secondaire. Maïs dans le cas d’adénite scro-
fuleuse, celle-ci s’est faite alors par une brèche: les lésions rhino-pharyngées et otitiques qui se rencontrent chez beaucoup de scrofuleux, représentant pré: cisément pour nombre d’auteurs, cette porte d’entrée de la tuberculose ganglionnaire ; elles sont loin d’être pourtant la règle. Nous avons systématiquement fait pratiquer l’examen des oreilles et du rhino-pharynx de nos malades: même chez les enfants, cet examen n’a souvent révélé aucune lésion nette de cette ré. gion.
Nous nous croyons done fondé à penser que la tuberculose n’est pas seulement une conséquence de la scrofule mais qu’elle en est, au contraire, le facteur étiologique dominant. Dès 1881, Villemin concluait dans le même sens, lorsqu'il écrivait: « Le ganglior® dit à tort scrofuleux n’est qu’une tuberculisation Jocalisée » suivi bientôt par Brissaud, puis par Conheim, Vidal, Kiener, Rendu, etc... C’est l'opinion qu’exprime M. Darier dans son précis de dermato. logie quand il écrit: « On sait aujourd’hui que cette scrofule classique correspond non pas à un terrain
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… bacillaire aisé à mais Attente et ru ». nr . Nous admettons done, avec M. Je Professeur
tant une évolution ae nt torpide, Scrofule et serofulo-ti À
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culose deviennent alors setnes synonymes.
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