‹ La Scrofule ses Rapports avec la Tuberculose et avec la SyphilisChapitre 26 sur 50 · DES RAPPORTS DE LA SCROFULE AVEC LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

DES RAPPORTS DE LA SCROFULE AVEC LA SYPHILIS

Si les rapports entre la scrofule et la tuberculose sont particulièrement étroits, ceux qui unissent la sérofule et la syphilis ne nous paraïssent pas moins importants. Contrairement à l’opinion soutenue jadis par Hunter, il n’y à aucune incompatibilité entre la syphilis et la tuberculose, bien au contraire, la syphilis représentant & un facteur puissant de prédisposition à la tuberculose » (Prof. Sergent). Aussi, bien que nous ayons réussi à mettre en évidence cette dernière chez presque tous les scrofuleux que nous avons observés, nous avons, non moins systématiquement, recherché chez eux des signes plus où moins patents de spécificité.

Un grand nombre de nos malades — et non pas

toujours les plus jeunes — avaient des stigmates in.

discutables de syphilis héréditaire: irrégularités de la calotte cranienne palpables ou visibles sur le cliché radiographique, bosses frontales exagérément proéminentes, malformations dentaires spéciales (dents en tourne-vis, mal plantées et usées, crénelées, persistance d’incisives latérales de lait, dents de Hutchinson, tubercules de Carabelli, etc.….), voûte palatine ogivale, nez en lorgnette, axyphoïdie, ete... Dans bien des cas, l’étude des antécédents héréditaires — quand nous avons pu les recueillir — ét personnels, nous à fourni de précieux renseigne-

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ments: parents morts jeunes d’accidents de nature syphilitique tels que la rupture d’un anévrisme aortique, fausses couches de la mère répétées sans raison, convulsions dans lenfance, crises d’épilepsie dite essentielle, nous ont été signalées par certains scrofuleux.

L'existence d’une syphilis héréditaire ne pouvait donc, chez tous ces sujets, être mise en doute.

Chez d’autres malades, les signes. de syphilis se sont montrés plus discutables: les végétations adénoides de l’enfance, le défaut de développement physique et intellectuel, la rachitisme grave que nous avons pu relever dans les antécédents de certäins scrofuleux, sont en effet loin d’être considérés par tout le monde comme des symptômes certains de spécificité. Et pourtant leur fréquence chez les syphilitiques a, depuis longtemps, retenu l'attention de nombreux savants. ( La cause des végétations adénoides est très souvent l’hérédité syphilitique et quelquefois l’hérédité syphilitique des grands-parents » écrivait Gaucher.

Plus près de nous, au congrès de l’hérédo-syphilis, les 5, 6 et 7 Octobre 1925, MM. Lesné et Bouteiller déclarent admettre l’origine spécifique des végétations adénoïides avant deux ans, du rachitisme avant six mois. Le rachitisme tardif relèverait plus rarement de cette cause, bien que les statistiques indi. quent que 60 % des grands rachitiques sont es hérédo-syphilitiques. À ce même Congrès, M. Comby énonce que & tout enfant dont le développement physique ou intellectuel est anormal ou qui présente un

eg

état pathologique quelconque persistant, sans cause nette, est suspect d’hérédo-syphilis ».

Jes symptômes nous paraissent plus importants à retenir, lorsque l’on recherche l’hérédité spécifique, que les résultats de la réaction de Wassermann, ordinairement négative chez les hérédos les plus certains. Il eut été plus intéressant de pratiquer chez ces malades la réaction de Desmoulières: cela ne nous à,-malheureusement pas toujours été possible. Nous avons seulement fait pratiquer, dans le sérum de tous ces sujets les réactions de Hecht et de Wassermann: elles s’y sont montré bien souvent négatives. Cependant, nous avons obtenu des réactions plus ou moins fortement positives chez des malades où les signes de syphilis se montraïent des plus douteux. Ii pouvait s’agir, il est vrai, d’une syphilis acquise, que le sujet soit ou non un hérédo, car ceuxci son parfaitement susceptibles d’attraper la vérole. Plusieurs de nos scrofuleux nous ont ainsi avoué avoir contracté un chancre quelques dix ou quinze ans plus tôt: bien que le traitement anti-syphilitique suivi depuis lors par ces malades aït été souvent des plus insuffisants, quand il n’a pas fait complètement défaut, les signes objectifs de la syphilis ont été parfois très difficiles à déceler.

« La syphilis, en effet, est une maladie qui a l’habi. tude de se cacher (Milian) » et qui « sous ses formes acquises, plus encore sous ses formes héréditaires, est partout (Leredde) ». Mais il faut savoir la mettre à jour, et ce n’est pas toujours chose facile! Pour cela un examen clinique complet, minutieux de tous

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les organes dù malade est indispensable. ( Les traces de la syphilis doivent être recherchées partout... L'enquête doit viser surtout à découvrir, par un exa: men méthodique et complet des stigmates somatiques, des lésions en activité ou des cicatrices dont les caractères constituent des preuves de syphilis (Prof. Sergent) ».

S'il est certaines régions, certains appareils que l’on examine presqu'automatiquement quand on recherche la syphilis chez un malade, tels le système nerveux, l'appareil oculaire, l’aorte, la bouche où. non Seulement la présence de plaques de leucoplasie, mais encore celle de taches mélaniques, constituent plus qu’une présomption en faveur de 1 spécificité. il est par contre un organe que l’on à, en pareil tas, tendance fâcheuse à négliger un peu: c’est le poumon. Son étude à ce point de vue est pourtant des plus importante.

Depuis longtemps déjà, le Professeur Hutinel a montré que lorsqu'on trouve une caverne tubercu Jeuse (avec bacilles de Koch dûment constatés) chez un enfant, celui-ci est toujours un enfant de syphilitique. De son côté, notre Maître le Professeur Ser gent et plus récemment un de ses élèves, notre collègue et ami Benda, ont insisté sur la fréquence de la syphilis dans le passé des tuberculeux torpides, à type d’emphysémateux, chez qui la radiographie montre une sage bien particulière, caractérisée par le nombre et la netteté des calcifications et par limportance de la fibrose. ( La tubereulose fibreuse doit inviter le médecin à rechercher méthodiquement les

RON ot

stigmates et les indices révélateurs de la syphilis (Prof. Sergent) ».

Ce « sclérolate de tuberculose » se plait à dire notre Maître, presqu’au même titre qu’une leucoplasie ou un anévrisme de la crosse aortique, constitue un indice révélateur de la spécificité.

On ne saurait trop insister sur ces faits: nous ne

‘4 comptons plus les fois où nous avons, soit obtenu

l’aveu dune syphilis contractée plusieurs années plus tôt, soit trouvé un Wassermann positif chez des malades dont la tuberculose évoluant sous cette forme fibro-calcaire était le seul stigmate de cette spécificité.

C’est avec une grande fréquence que nous avons rencontré chez nos scrofuleux, une image radiogra-

. phique de tuberculose pulmonaire à forme fbro-calcifiante, avec souvent un minimum d’accidents respiratoires: nous estimons qu’une telle constatation consltitue un argument de tout premier ordre en faveur de l’existence d’une syphilis héréditaire ou acquise chez ses malades.

Mais, « la syphilis est loin de se traduire toujours par des symptômes spéciaux (Fournier) », et chez quelques-uns de nos scrofuleux, il nous à été impossible de déceler le moindre stigmate probant en faveur de cette maladie. Est-ce à dire qu’elle n’existait pas chez ces sujets? («Une réponse négative, écrit M. le Professeur Sergent ne peut dans aucun cas entraîner la conviction absolue. Je n’hésite même pas à pousser plus loin mon septicisme en pareille matière: j'ajoute qu’un examen somatique minutieux qui reste

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