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négatif, ne suffit pas davantage à me convaincre. Je prétends que, il est le plus souvent possible de prouver qu'un individu à eu la syphilis, il n’est jamais permis d'affirmer qu'il ne Fa pas eue. Et j'en veux pour preuve la fréquence des guérisons obtenues par le traitement d’épreuve qui n'eut jamais été tenté si le médecin s'était laissé influencer par les résultats absolument négatifs de son enquête ».
Si le fait d’avoir décelé la syphilis chez certains de nos malades nous incitait à leur faire un traitement anti-spécifique dont ils pourraient retirer un
très réel profit, celui de n’avoir pu la mettre en évi-
dence chez les autres devait nous engager à les soumettre aussi à un semblable traitement, à titre d'épreuve cette fois.
Nous avons employé pour cela les trois médicaments traditionnels: larsenic, le mercure et Je bis: muth, laissant de côté l’iodure de potassium qui, pour certains auteurs, n’a aucune action spécifique sur la syphilis et « qui est bien plutôt le médicament de la sclérose qu’elle qu’en soit la cause (Prof. Sergent LEA
Parmi les arsenicaux, nous avons donné Ja préférelice au novarsenobenzo!l en injections intra-veineuses. Chez les jeunes enfants, nous avons parfois employé le surfarsenol.
Bien qu’on ne puisse donner une formule immuable de lPadministration d’un médicament, puisque celle-ci est susceptible de varier dans ses modalités avec chaque cas particulier, nous avons pratiqué en général, lorsque nous avons utilisé le 914, tous les cinq jours une injection intra-veineuse de médica-
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ment à doses progressivement croissantes: 0 gr. 20 ou 0 gr. 30 pour la première injection, les suivantes étant respectivement de O0 gr. 45, O0 gr. 60, 0 gr. 75, 0 gr. 75, 0 gr. 90, 0 gr. 90, 0 gr. 90 0 gr. 90 pour la série chez un sujet du poids de 60 kgs. On peut et on doit arriver à administrer ainsi par injection un ceri- . tigramme et demi de novarsenobenzol par kilogramme de poids de Pindividu, la dose à administrer étant diluée days 20 à 90 ec. de sérum physiologique l’injection étant poussée {rès lentement.
Nous n'avons utilisé le sulfarsenol que chez les enfants, dans les cas où les injections intra-veineuses pouvaient être difficiles à pratiquer, en raison du faible calibre des veines ou de l’indocilité des malades. Chaque dose est diluée dans 5 à 10 ec. d’eau ou de sérum physiologique, les injections sont, comme pour le Novar, progressivement croissantes et la dose maxima est proportionnelle au poids du sujet, com-
me pour le 914: 1 centig. 1/2 par kg.
Maïs comme on aurait pu nous objecter, en cas d'amélioration nette de nos scrofuleux, que l’arsenic a pu agir chez eux comme tonique et non comme antisyphilitique nous avons employé également, chez d’autres malades, le mercure et le bismuth, médicaments indiscutablement spécifiques.
En ce qui concerne le mercure, nous avons donné la préférence au cyanure de mercure en solution aqueuse au centième. Nous avons peu usé de l’huile grise, car, comme l’a écrit M. le Professeur Sergent, les injections de sels insolubles ont quelquefois le gros inconvénient de laisser un doute sur l’absorption
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du mercure où tout au moins sur le moment de l’ab-
sorption: les accidents locaux qu’elles provoquent quelquefois si l'injection n’a pas été strictement in-
tra-musculaire pouvant être l’origine d’intoxication hydrargyrique toujours dangereuse chez un tubercu-
leux. Les injections de sels solubles, au contraire,
permettent un dosage exact du mercure administré, et une absorption rapide du médicament: en cas de phénomènes d’intolérance, on peut être sûr, en ces-
sant le traitement, de suspendre aussitôt l’absorp-
tion du produit, et l’on ne fait aïnsi jamais courir au malade de bien gros dangers d'intoxication. |
Les injections sont faites intra-veineuses, chacune d'elle dosée à un centigramme de Hgcy par centimèêtre cube d’eau distillée. Un centimètre cube est injecté quotidiennement ou tous les deux jours, l’emploi de ce médicament pouvant être continué indéfniment si le malade n’a aucun signe d’intolérance : une série, en moyenne, doit comprendre de 25 à 30 injections.
Les remarques concernant les sels insolubles de mercure s'appliquent aussi au bismuth: aussi donnons-nous là encore la préférence aux sels solubles tels que les iodures double de bismuth et de quinine solubilisé (Solubyl, Quinby soluble) le B.S.M. (Bismuth soluble Mouneyrat) dont nous administrons tous les cinq jours, par voie intra-musculaire cette fois, une ampoule représentant de 0 gr. 20 (Quinby soluble) à 0 gr. 30 (Solubyl, B.S.M.) de proauit actif. La série comprend au moins 18 injections. La difficulté de se procurer ces produits dans nos services
hospitaliers nous les à fait souvent remplacer par des sels insolubles, tels que lPhydroxyde de Bismuth (Muthadol), l’iodo-bismuthate de quinine (Quinby) en suspension huileuse, aux mêmes doses.
La crainte de voir apparaître chez des tuberculeux soumis à la thérapeutique anti-syphilitique de très hypothétiques accidents, est' en effet illusoire. De nombreux savants, et, en particulier, M. le Professeur Sergent, ont bien montré linocuité du traitement mercuriel chez de tels malades, à condition, bien entendu, de le conduire avec méthode et de le surveiller de près. € il s’agit de lésions bacillaires, il n’y aura aucun inconvénient pour le malade à avoir subi cé traitement d’ épreuve, et si l’on à affaire à des lésions spécifiques, on obtient les plus beaux résultats (Prof. Sergent) ». Et lorsque le sujet est à la fois syphilitique et tuberculeux, il ne peut que retirer le plus grand bénéfice d’une pareille médication: « La syphilo-tuberculose quelle que soit sa localisation ou sa forme clinique est dans la grande majorité des cas, Sinon toujours, heureusement influencée par la médication mercurielle (Prof. Sergent) ».
Bien entendu, avant de commencer le traitement, on s’assurera du bon état de la bouche et des dents qui seront surveillées minutieusement pendant la période où seront faites les injections. Il faudra également être certain du parfait fonctionnement rénal. Ces règles essentielles et classiques s’appliquent aussi bien au cas de traitement bismuthique que de traitement hydrargyrique.
Les arsenobenzènes ne nous ont pas paru plus dan-
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gereux à employér, même à forte dose, chez nos sCrofuleux, que chez des syphilitiques indemnes de toute tuberculose. Les contre-indications à leur emploi chez les scrofuleux sont les mêmes que chez n’importe quel autre sujet: notre Maître, M. Milian, en a formulé les règles précises, montrant que les arsenobenzènes, poisons du sympathique, ne doivent pas être utilisés chez des sujets ayant des lésions préalables de ce système nerveux et des glandes endocrines, en particulier du corps thyroide et des surrénales. Nous avons d’ailleurs rencontré rarement chez nos patients, des malades de cette catégorie: presque tous nos sCcrofuleux avaient leur pression artérielle normale et la mesure du métobolisme basal, lorsque nous avons pu la faire pratiquer, nous à donné un chiffre également normal.
Nous avons évidemment évité de l’employer chez les scrofuleux, porteurs de lésions pulmonaires en évolution ou facilement congestives : ces malades sont souvent d’ailleurs des insuffisants surrénaux. D’autre part, bien que nos scrofuleux aient été généralement apyrétiques, nous ne pensons pas que la température soit une contre-indication à l’emploi de l’arsenic à condition qu’elle ne témoigne pas d’une poussée évolutive de bacillose pulmonaire. Contrairement à l’opinion récemment reprise par M. Marcland qui déclare: « qu’il suffit parfois de cinq ou six injections hypodermiques de cacodylate de soude pour faire monter la température vespérale d’un demi à un degré lorsqu'il s’agit d’un tuberculeux apyrétique, et de plus encore si le malade était déjà fébrile »,
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nous avons vu souvent des tuberculeux pulmonaires bénéficier de la médication arsenicale. Notre Maître L. Fournier prescrit volontiers à ces malades non syphilitiques, le stovarsol per os, et nous avons pu voir nombre d’entre eux retrouver l’appétit et augmenter de poids sous l'influence de cette médication qui, par ailleurs, n’exagère en rien les poussées fébriles, bien au contraire. Il ne faut d’ailleurs pas toujours prendre pour une fièvre tuberculeuse, l’élévation passagère de la température qui peut se produire chez un bacillaire syphilitique à la suite d’une injection de novarsenobenzol : elle n’est assez souvent que la réalisation objective d’un conflit thérapeutique, phénomène « biotropique » dont la réaction d’Herxheimer n’est qu’une modalité.
« La thérapeutique surtout chimiothérapique, est un art difficile (Milian) » et il est évident qu’un médicament aussi actif que le novarsenobenzol ne doit pas être administré à la légère. À condition de res-
pecter les contre-indications dont nous avons parlé
plus haut, et de s’astreindre à une étroite surveillance clinique et radiologique des malades, on peut sans accidents ni même incidents, faire bénéficier les tuberculeux syphilitiques de la médication novyarsenicale.
Nous avons obtenu, par la mise en œuvre de ces
divers traitements, des résultats extrêmement inté-
ressants chez la plupart de nos malades.
Dans l’ensemble, la guérison complète des adénopathies suppurées et des ulcérations scrofuieuses que nous avons traitées, a été obtenue dans plus d’un