‹ La Scrofule ses Rapports avec la Tuberculose et avec la SyphilisChapitre 30 sur 50 · LIRE · texte numérisé non relu

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d’ailleurs, tels que de la stomatite ou de la diarrhée dysentériforme. |

Nous avons moins utilisé le bismuth, pour les raisons que nous avons dites précédemment: il nous à paru un peu moins actif que le mercure chez nos scrofuleux qui l’ont en général fort bien supporte Ceux de nos malades soumis au traitement hydrargyrique ou bismuthique chez qui nous redoutions un certain effet déprimant de la médication ont absorbé à chacun de leurs trois principaux repas, les trois premiers jours de la semaine, un comprimé de 0 gr. 25 de stovarsol ou de tréparsol, suivant la technique préconisée par M. L. Fournier. Ils se sont fort Dien accommodés de ce mode de traitement mixte.

je n’est pas par hasard que le novarsenobenzol, ie mercure et le bismuth guérissent ou améliorent les lésions scrofuleuses : « les succès thérapeutiques obtenus par le mercure et l’arsenic sur des maladies non syphilitiques ne s’observént que si le sujet qui en est porteur est syphilitique » (Milian).

L'action eutrophique du novar n’est sans doute pas à dédaigner, mais ne saurait à elle seule expliquer la transformation rapide et parfois surprenante des manifestations scrofuleuses: tout au plus pourrait-on admettre que c’est à elle que ce médicament doit son action plus rapidement et plus complètement efficace que celle du mercure et du bismuth. C’est d’ailleurs une propriété qui ne peut être invoquée en ce qui coucerne ces deux derniers médicaments. Il ne peut donc faire de doute que les scrofuleux sont en très grande majorité des syphilitiques.

Beaucoup d'auteurs modernes, étudiant divers accidents scrofuleux, aboutissent aux mêmes conelusions. M. Sabouraud, dès 1918, attire l'attention sur le grand nombre de lupiques hérédo-syphilitiques.

& Il est intéressant, écrivent d’autre part MM. Hu-

delo et Rabut, à propos d’un cas de lupus disséminé de la face et des membres, de noter la prédisposition d’un terrain véritablement hérédo-syphilitique chez ces malades ». Et dans un article tout récent, ils concluent que « le rôle que peut jouer la syphilis, dans l’étiologie du lupus est certain, mais d'importance va- . xiable ; puisque de la simple prédisposition du terrain (cas le plus fréquent) il peut aller jusqu’à la participation effective du tréponème dans le processus lupique ». Bien des auteurs allemands, de leur côté, traitent avec succès le lupus vulgaire par Île néosalvarsan.

La fréquence du lupus érythémateux chez les hérédos à été signalée par MM. Grancher, Jeanselme et Burnier, Sabouraud, Hudelo et Rabut, Ravaut,. Lortat-Jacob et Legrain, Tzanck, ete... C’est dès 1913 que notre Maître Ravaud insiste sur la fréquence des réactions de fixation positives chez les malades at: teints de tuberculides diverses et en particulier de lupus érythémateux. Plus récemment, MM. Joergen, Schaumann et Karl Heden, pratiquant la réaction de Wassermann avec dés quantités de sérum supérieu res à la dose ordinaire, l’ont trouvée positive dans un nombre de cas élevé chez les sujets atteints de lupus érythémateux.

Le traitement spécifique a été appliqué à beaucoup

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de ces malades par différents auteurs. C’est ainsi que MM. Ravaut et Bocage ont traité leurs malages par des injections de novarsenobenzol: la proportion des guérisons complètes à été d’un tiers, une amélioration très notable a été constatée dans un second tiers, pour le dernier tiers le traitement a été abandonné soit en raison de phénomènes d’intolérance ou de Pinsuffisance thérapeutique, soit parce que les malades ont été perdus dé vue.

Les arsenobenzènes n’ont pas été les seuls médicaments anti-syphilitiques utilisés par les expérimentateurs: c’est avec les injections bismuthiques que M. Lortat-Jacob, MM. Sezary et Benoit, ont obtenu la guérison complète de sujets atteints de lupus érythémateux. Nous avons souvent obtenu les mêmes résultats dans le service de notre Maître Milian (obs. XIX et XX).

Les mêmes constatations ont été faites pour l’érythème induré-de Bazin, que Chtamoba, après en avoir confirmé la nature tuberculeuse par inoculation au cobaye, a souvent guéri par un traitement novarsenical, tandis qu’en France, notre Maître André Leri l’a traité avec succès par des injections d’iodobismuthate de quinine.

Citons enfin, parmi les nombreux travaux concernant la fréquence de la syphilis chez les scrofuleux, la belle observation que M. L. Spillmann a présentée en Janvier 1927 à la Société de Dermatologie de Naney, et qui est en tous points comparable à l’une de celles que nous avons nous-mêmes recueillie (obs. IV}. Il s'agissait d’une fillette portant trois ulcéra-

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tions à type nettement tuberculeux, entourées d’un halo livide, à bords violacés et décollés, à fond an. fractueux, chez qui nulle trace de spécificité ne put jamais être mise en évidence, pas plus d’ailleurs que chez ses parents. La réaction de Wassermann était, bien entendu, négative. Devant l’échec de tous les traitements mis en œuvre pendant plus d’un an, cette jeune malade fut soumise aux injections de novar et guérit avec rapidité. Et l’auteur de conclure que même « lorsque rien ne peut faire songer à l’hérédosyphilis, il v à lieu, en pareil cas, d’essayer le traïtement d'épreuve qui permet souvent d'obtenir des résultats inespérés )).

Certains médecins n’ont, cependant, pas obtenu le même succès, en instituant un traitement spécifique chez des scrofuleux pourtant syphilitiques avérés. M. Mercier des Rochettes, par exemple, rapportant dans sa thèse un certain nombre d'observations d’enfants scrofuleux et hérédos-syphilitiques certains, qu’il à traités par les médications hydrargyriques ou arsenicales, n’a pu guérir que quelques-uns d’entre eux, tandis qu'il n’obtenait chez la plupart des autres qu’une amélioration passagère. Il conclut alors que «en dehors de quelques cas assez rares et où le traitement anti-syphilitique à une action indéniable, le traitement anti-syphilitique n’influence directement, ni en bien, ni en mal la tuberculose des hérédos-syphilitiques. Il doit néanmoins être employé quand les deux infections se rencontrent sur le même iudividu, car il agira directement en améliorant l’état général et en augmentant la résistance du sujet ».

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La lecture des observations rapportées par cet auteur nous permet de discuter ses conclusions. Si le traitement anti-syphilitique qu’il a institué chez ses scrofuleux-hérédos n’a pas toujours été très efficace, c’est vraisemblablement parce qu’il a été insuffisant, soit que les doses du médicament administrées aient

été trop faibles, soit que le nombre des injections ait

été trop réduit. « Les modalités du traitement spécifique, écrit même Mercier des Rochettes, n’ont guère d'importance et sont connues de tous ». C’est là, nous semble-t-il, une erreur qui peut devenir dangereuse, surtout en matière de traitement anti-syphilitique. Les syphiligraphes sont unanimes sur ce point. \« Il vaut mieux ne pas traiter les malades que de les traiter incorrectement » (Milian), et c’est soigner incor. rectement un syphilitique que de lui faire un traitement insuffisant. Mieux vaut, en effet, ne pas le traiter du tout, car, au moins, ne risquera-t-0n pas de réactiver une syphilis peut-être « endormie » et d’aggraver ainsi l’état du malade.

Ce qui est vrai pour les accidents syphilitiques qu’ils soient primaires, secondaires ou tertiaires, l’est également pour les manifestations de la syphilo-scrofule. & Il est parfois nécessaire de prolonger assez longtemps le traitement avant de se prononcer sur ses effets » nous disent MM. Ravaut et Bocage à propos du traitement du lupus érythémateux par le novarsenobenzol. Et ils ajoutent: « il sera bon de refaire une deuxième série après un repos de deux mois environ ». 11 y a plus de vingt ans d’ailleurs que M. Sergent écrivait: « J’ai vu souvent le traitement

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