‹ La Scrofule ses Rapports avec la Tuberculose et avec la SyphilisChapitre 31 sur 50 · MR LEE · texte numérisé non relu

MR LEE

mercuriel produire une amélioration considérable des manifestations scrofuleuses chez des sujets tuberculeux qui pourtant ne présentaient aucun stigmate d’hérédo-syphilis ni de syphilis acquise. C’est ainsi que je possède plusieurs observations d’adénites cervicales ramollies et même fistuleuses, datant de quelques années ou de quelques mois, accompagnant des lésions pulmonaires torpides, certifiées tuberculeuses par la présence du bacille de Koch et très favorablement modifiées par une série suffisamment prolongée d’injections mercurielles solubles ».

Or, la plupart des enfants traités par Mercier des Rochettes, soit au biiodure de Hg, soit au sulfarsénol, . n’ont reçu que des doses minimes de médicament : dix injections de 2 à 4 centigrammes chacune de sulfarsenol, constituent peut-être un traitement tonique pour un enfant de 7 à 8 ans — (d’où l’amélioration de l’état général à peu près constante signalée par Pauteur chez ces sujets) — mais non un traitement capable de modifier bien profondément la syphilis de ces malades. Chez des enfants de cet âge, de poids moyen, nous faisons couramment des séries de 12 à 16 injections à doses progressivement et rapidement croissantes, de 6 centigr. à 24 centigrammes sans aucun accident.

Nous ne saurions davantage souscrire aux conclusions de Mlle Pouzin qui, dans une thèse inspirée par le Dr Menard en 1917, déclare qu’une adénopathie ne peut être que syphilitique ou tuberculeuse, les premières guérissant par le traitement qui n’a aueune action sur les secondes: nos observations con-

tops cernant des imalades porteurs d’adénites cervicales suppurées non ouvertes dont la nature tuberculeuse a été démontrée soit par la constatation directe du bacille de Koch, dans le pus, soit par linoculation au cobaye et qui ont guéri sous linfluence du traitement spécifique, les contredit formellement.

Cette influence de la syphilis sur le développement de la scrofule à depuis longtemps attiré Pattention d’un grand nombre d'auteurs. Le Professeur Fournier écrivait déjà: « La syphilis constitue un des af: fluents de la scrofule », et Pon à pu lire, dans un article paru en 19095 sous la signature du Professeur Gaucher: « La scrofule est une dépendance de l’hérédo-syphilis; la condition essentielle et primordiale de la scrofule est une syphilisation héréditaire ». C’est aussi l'opinion de M. le Professeur Marfan: «1 semble, dit-il, que le terrain hérédo-syphilitique, ensemencé par le bacille de fa tuberculose, soit plus apte qu’un autre à réagir par des manifestations tuberculeuses du type scrofuleux ». M: le Professeur Hutinel se range au même avis, et M. Mery déclare que € là part à faire à la syphilis héréditaire et à son association possible avec la tuberculose, dans un certain nombre de manifestations dites scrofuleuses de l’enfance, est beaucoup plus considérable qu’on ne le pense ». Le Professeur Lereboullet, de son côté, conclut, dans une de ses Jeçons cliniques, que € la scrofule est la manifestation d’une tuberculose extrémement peu virulente, et que cette tuberculose semble d'autant plus faiblement évolutive qu’elle survient chez un enfant dont le terrain à été modifié

par des tone ie d'hérédité, et notamment sous l'influence de la syphilis héréditaire ». Et notre Maître, M. le Professeur Sergent, après avoir fait de la question une étude approfondie, ne craint | ne pas d'écrire, en guise de conclusion : « Je considère la scrofule comme un dérivé de la syphilis, et j'ai ‘lai conviction que si nous pouvions, dans tous les cas à de scrofule que nous observons, rechercher la syphilis dans le passé: des denses nous la trouverions très. souvent, sinon toujours ». FT L'ensemble des faits que nous avons observés nous conduit aux. mêmes conclusions : presque tous les À scrofuleux —— nous n’0s0nS encore dire tous — sont des syphilitiques. Et si, le plus souvent, la syphilis de ces malades est héréditaire, elle peut fort bien aussi, dans quelques Cas, avoir été acquise: l’esk sentiel est. qu’ ’elle ne soit pas de trop HU date.

ve: ï À

uen Lt

Page 1