LE TERRAIN SYPHILITIQUE DANS LA TUBERCULOSE
“est l'existence de ce terrain spécifique qui nous paraît susceptible d’expliquer en grande partie l'allure si spéciale, l’évolution froide et torpide de la scro: fulo-tuberculose.
Cette notion de terrain est des plus importantes, et sans aller jusqu’à dire, comme Claude Bernard, à son lit de mort: « Le microbe n’est rien, c’est le terrain qui est tout (1). », force nous est de reconnaître que c’est bien quelque chose qu’il n’y a pas lieu\de négliger.
Les importantes découvertes de la bactériologie, avec ses modifications cellulaires et humorales, ont eu pour conséquence, pendant assez longtemps, de faire perdre de vue aux médecins, ce rôle du terrain dans la maladie. C’est pourtant un facteur capital en pathologie, et, avec M. Sergent qui se plait à insister sur son importance, de nombreux auteurs modernes s’attachent aujourd’hui à lui donner la place qu’il mérite d'occuper. Ni deux sujets, exposés à la même cause infectieuse, dans les mêmes conditions, font leur maladie chacun sous une forme clinique dif:
férente — si tant est même que tous deux tombent malades — c’est bien parce que leur organisme ne
réagit pas de façon identique vis à vis du germe morbide: le microbe est le même dans les deux cas, seul le terrain sur lequel il se développe est différent. On
ane eee cogne
(1) Rapporté par le Prof, Renon qui veillait CI. Bernard durant son agonie.
NET Nage
ne saurait toujours invoquer, en effet, une différence de race microbierine pour expliquer les formes si diverses d’une même affection. Combien, par exemple. parmi les scrofuleux dont nous avons recueilli les observations, ont trouvé chez un malade atteint de bacillose aiguë, rapidement évolutive, le germe qui, chez eux, à fait éclore une tuberculose froide et torpide?
La tuberculose et la syphilis, les plus fréquentes des maladies infectieuses chroniques, sont trop répandues pour qu’il soit surprenant de les trouver réunies chez un même individu. La syphilis, d’ailleurs, — M. Sergent l’a démontré depuis longtemps — crée une prédisposition particulière à la tuberculisation par divers mécanismes que nous ne rappellerons pas ici.
Lorsque la tuberculose se développe chez un sujet syphilitique depuis peu de temps, son évolution est le plus souvent rapide, car lorganisme, épuisé par sa lutte contre une infection brutale et récente, ne peut guère résister à ce nouvel assaut. Mais les con. ditions sont tout autres lorsque la tuberculisation apparaît chez un syphilitique de longue date: l’organisme qui ( a fait les frais d’une lutte réactionnelle contre Pinfection massive, s’est ressaisi, en quelque sorte et a repris l’équilibre normal de ses fonctions ; il à retrouvé son équilibre cependant il reste imprégné (Prof. Sergent) ». C’est cette imprégnation latente qui constitue le terrain syphilitique «& sorte détat humoral procédant d’une syphilis ancienne et éteinte, et transmissive à la descendance ».