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Quand on connaît la tendance marquée à la sclérose qui caractérise toutes les manifestations tar. dives de la syphilis, on ne saurait être surpris de voir la tuberculose, autre maladie volontiers scléro: sante, s'orienter dans le même sens lorsqu’elle évolue sur un tel terrain. C’est là, du reste, un fait bien connu: « Si le terrain syphilitique représente un milieu d'élection pour la tubereulisation, il pa raît jouir, d’autre part, de propriétés particulières grâce auxquelles la tuberculose est en quelque sorte, entravée dans son développement (Prof. Sergent) » Le processus de sclérose anatomique, résultant, des qualités humorales du terrain syphilitique, favorise vraisemblablement l’enkystement des tubercules.
Cette influence du terrain sur le développement rt l’évolution de la maladie s’observe également lorsque la syphilis apparaît chez un tuberculeux. Il arrive tout d’abord assez souvent que la tuberculose qui ne s'était manifestée jusque là par aucune lésion apparente, ou très caractéristique, qui n'existait, en somme, qu’en puissance, s’éveille sous l’influence de la syphilis : c’est ainsi que nombre d’adénopathies de la période secondaire ne sont pas en réalité syphilitiques mais tuberculeuses, comme M. Milian l’a démontré dès 1902, par linoculation au cobaye. De même certaines des manifestations de la spécificité, prennent fréquemment un aspect particulier: les sy: philides lichenoïdes miliaires de la période secondaire par exemple s’observent souvent chez des sujets entachés de la bacillose; l'injection intra-dermique de tuberculine exagère encore le caractère de l’éruption
(réaction focale). Comme nous avons vu que cela se produisait pour Îles manifestations scrofuleuses, le traitement mercuriel est souvent impuissant à faire disparaître complètement ces syphilides folliculaires que le 914 guérit au contraire rapidement.
Ji ne faudrait cependant pas considérer toujours les accidents scrofuleux, parce qu'ils apparaissent chez un sujet à la fois syphilitique et tuberculeux, comme .des ‘accidents hybrides de syphilis et de tuberculose. Ces lésions hybrides, parfaitement étudiées
par Leloir, puis par Longin, se rencontrent évidem-
ment, à condition toutefois, — comme le fait remarquer M. Sergent — qu’on veuille bien ne pas les considérer comme manifestations d’une maladie nouvelle née de « la combinaison à la manière d’un acide #t d’une base formant un sel dont les propriétés diffèrent de celles des corps composants », mais comme . résultant de la « juxtaposition » de « l’intrication » en un même point commun de lésions syphilitiques et tuberculeuses.
Beaucoup plus souvent, on observe des lésions franchement bacillaires chez un sujet que l’on sait être syphilitique, de même que l’on peut rencontrer des accidents purement spécifiques chez un tuberculeux : seul le retentissement réciproque des deux maladies imprime aux accidents une allure particulière.
Plus souvent qu’ « hydridité de lésions », il y à seulement « hydridité de terrains » et, ainsi que !e dit M. Sergent, lorsque Ricord parlait de « scrofulate de vérole » il n’accordait pas à cette dénomination le sens étroit qu’on lui donne d’habitude, « il
n'avait point em vue, au séns vrai du mot, la combinaison de lésions réunies sur le même point, mais simplement le retentissement que les deux maladies exercent l’une sur l’autre, c’est-à-dire les conséquences d’une association de terrains... Il n’y à jamais, en d’autres termes, hybridité de lésions, mais seulement hybridité de terrains avec intrication ou juxtaposition plus ou moins étroite ou lointaine des lésions ».
Les diverses manifestations de la scrofule, en particulier les adénopathies strumeuses, ne doivent donc pas être considérées comme étant toujours où jamais des lésions hybrides : la seule hybridité qui soit certaine est celle du terrain.
Mais la tuberculose, qui revêt une allure si spéciale chez de tels malades, est-elle susceptible de se localiser sur n’importe quel appareil de l’économie, comme elle le fait chez un sujet indemne de toute spécificité? Existe-t-il, en d’autres termes, une sorte d’antagonisme entre les manifestations cutanées, osseuses et ganglionnaires de la bacillose d’une part, et les localisations viscérales, pulmonaires en parti. culier, d'autre part?
M. le Professeur Marfan, en effet, écrivait en 1896, qu’ « on ne constate presque jamais de tuberculose pulmonaire, tout au moins de tuberculose pulmonaire évidente et en évolution, chez des sujets qui, pendant l’enfance, ont été atteints d’écrouelles (adénites tuberculeuses suppurées du cou) et qui en ont guéri complètement avant l’âge de 15 ans ». Le processus serofuleux confèrerait ainsi à l'organisme un cer-