‹ La Scrofule ses Rapports avec la Tuberculose et avec la SyphilisChapitre 34 sur 50 · NON D · texte numérisé non relu

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tain état d’immunité qui le prémunirait contre Les manifestations pulmonaires de la bacillose: est-elle. comme le disait tout récemment Maury dans sa thèse, un « brevet de longue vie »?

C’est, nous semble-t-il, aller un peu loin, car nous avons, au contraire, été frappé de la fréquence ave: laquelle les lésions pulmonaires se rencontrent chez des sujets porteurs d’adénites cervicales suppurées ou cicatrisées même depuis leur enfañce: plus de la moitié dé nos scrofuleux sont dans ce cas. C’est d’ailleurs là une observation que Villemin avait déjà faite, lorsque, discutant de la nature bacillaire des accidents scrofuleux, il s’exprimait ainsi: « Lorsque la tuberculose se localise sur les ganglions externes elle atteint souvent en même temps les organes splanchniques, notamment le poumon, et cette coïncidence fréquente de la tubereulisation pulmonaire et de l'adénite caséeuse ou leur succession, a porté à croire à l’identité ou à la parenté de la scrofule et de 'a tuberculose ».

I] est vrai que MM. Léon Bernard et Masselot, recherchant le pourcentage des malades chez lesquels la bacillose pulmonaire se développe après une première atteinte locale et trouvant qu’un dixième seulement de tuberculeux pulmonaires ont présenté des lésions de scrofule estiment eux aussi que la scrofule prémunit contre la tuberculose pulmonaire. Leur sta. tistique ne contredit en rien nos conclusions ; nous ne prétendons pas, er effet, qu’il soit nécessaire d’avoir eu une tuberculose locale pour devenir un phtisique, mais seulement que le sujet qui est porteur

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d’une lésion bacillaire locale récente où aneienne est fréquemment aussi un tuberculeux pulmonaire, ou le deviendra. ailleurs, comme le disait fort justement Villemin, «qu’y a-t-il d’étonnant à voir une phtisie suivre, précéder ou accompagner le strume ganglionnaire, puisqu’elles sont toutes deux la manifestation d’une même maladie ». Ce qu'il y à seulement de particulier, c’est l’évolution de cette tu: berculose pulmonaire qui se fait surtout suivant Île mode scléreux, comme celle de la tuberculose cutanée ou ganglionnaire: quelle que soit l'importance des lésions pulmonaires des scrofuleux, qu'il s'agisse eliniquement d’un simple catarrhe chronique des bronches plus ou moins mélangé d’emphysème et de spelunques- indiscutables, l’image radiographique pulmonaire de ces malades est toujours caractéristique, par l'importance des tractus fibreux arborescents (sclérose péribronchique) et des calcifications ganglionnaires.

Sur les localisations pulmonaires comme sur celle cutanées, osseuses où ganglionnaires, l'influence de la syphilis s’est fait sentir, C’est un point sur lequel M. Sergent se plait à insister depuis longtemps, point si important que notre collègue Benda, reprenant ré cemment la question, a pu écrire: « Certaines formes de tuberculose fibreuse, la forme scléro-calcaire, en particulier, ont (pour le diagnostic de la syphilis}, au même titre que la lencoplasie buccale ou que le signe d’Argyll-Robertson, une valeur sémeiglogique incontestable, dont il serait vraiment illogique de ne’, pas tenir compte ».

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Ces lésions pulmonaires ne contre-indiquent en rien le traitement anti-syphilitique que nous croyons devoir être toujours institué, ne serait-ce qu’à titre d’épreuve, chez les scrofuleux: il faudra seulement se montrer prudent dans lPadministration des arse-

nobenzènes à ceux de ces sujets qui ont une tendance.

marquée à faire des hémoptysies, et lui préférer alors le mercure ou le bismuth. On pourra, ce faisant, espérer la guérison ou tout au moins une amélioration souvent importante, non seulement des accidents scrofuleux proprement dits, mais aussi des manifestations pulmonaires de la tuberculose. C’est là un fait indéniable sur lequel ont insisté un grand nombre dauteurs: Potain, Landouzy, Barthélemy, entre autres, ainsi que notre Maître M. le Professeur KSergent, qui, dans son beau livre € Syphilis et Tuberculose » déclare que &ce traitement améliore considérablement l’état général et les localisations de Ja tuberculose ».

Répétons encore que, le fait de voir guérir une:

lésion scrofuleuse par un traitement anti-syphilitique, n'implique pas que cette lésion est syphilitique: cela signifie seulement qu’elle évolue sur un terrain spécifique. C’est en modifiant ce terrain, sur lequel se développe le bacille de Koch, que se résume toute l'action des médications arsenicales, mercurielles ou hydrargyriques dans la scrofule. Cette & hétéro-thé rapie (Milian) » — ou traitement d’une maladie par la médication spécifique d’une autre maladie dont le sujet est également atteint — n’est d’ailleurs pas spéciale à la scrofule, Un grand nombre de dermatoses

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ont pu, par exemple, être améliorées par ce procédé. C’est ainsi que M. Ravaut a, dans certains cas, traité avec succès l’eczéma par la médication anti-syphilitique. « La syphilis, dit-il, crée une prédisposition humorale spéciale; une véritable dystrophie humorale rendant l'individu plus apte à se sensibiliser: ne se sensibilise pas qui veut ; il faut un terrain special, et c’est souvent la syphilis qui se charge de faire ce terrain ). WA

Mais si le traitement anti-syphilitique variant suivant les cas et les circonstances, suffit parfois à Jui seul, sans le secours d'aucune autre médication, à guérir les manifestations des scrofuleux, il ne faut cependant pas perdre de vue que ceux-ci sont des tuberculeux et qu’il est toujours utile — et même indispensable —- de lui adjoindre les différents moyens thérapeutiques employés ordinairement dans le traitement de la tuberculose, en particulier la cure de repos, l’administration des sels de chaux, selon la méthode préconisée par Ferrier, ainsi que celle de sirop iodotannique. Le traitement iodé local (injections intra-ganglionnaires d’une suspension aqueuse colloïdale d’iode) constitue aussi bien souvent une médication adjuvante des plus précieuses. Médication anti-syphilitique, et médication anti-tuberculeuse ainsi combinées auront souvent les plus heureux effets, alors que lPune d’entre elles aura été impuissante à guérir complètement ces malades. II sera temps, si elles échouent, de discuter l’opportunité d’une thérapeutique chirurgicale ou par les agents physiques, qui n’est pas toujours sans inconvénients chez certains scrofuleux.

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