OBSERVATION VII
Adénopathies cervicales non suppurées apparues chez un syphilitique de longue date. Echec du traitement antispécifique.
Le nommé K..., cafetier turc, âgé de 53 ans, se présente à la consultation de la Charité, parce que, depuis 3 ans, il à dans la région cervicale latérale droite, un chapelet de ganglions volumineux qui ont grossi depuis quelques semaines.
Cette adénopathie forme une masse bosselée, dure, non fluctuante, de 6 centimètres sur 4 centimètres environ. Ja peau qui la recouvre est d'apparence normale et la ponction exploratrice ne ramène pas de pus.
Il existe quelques ganglions de la grosseur de grains de plomb dans les creux axillaires et inguinaux.
Le sujet est un peu amaigri et pâle. L’auscultation de ses poumons fait percevoir quelques ronchus et quelques
sibilances. La radiographie montrera une trame fibreuse très développée et quelques ganglions calcifiés.
11 existe à la base du cœur, un souffle systolique aortique. Le pouls est régulier, la tension artérielle à 12-22.
Les réflexes sont normaux. Les pupilles, inégales, réagissent à la lumière.
L'examen du nez et de la gorge montre une pharyngite sans caractère particulier ; il n’ÿ a rien aux rhinoscopies antérieure et postérieure ; l’otoscopie est normale.
La biopsie d’un ganglion montre bien qu'il s’agit de tuberculose : follicules tuberculeux typiques, avec nombreuses cellules géantes entourées d’une couronne de cellules épithélioïdes et d’une 7ône périphérique de cellules lymphoïdes. On ne voit pas de bacilles de Koch. La euti-réaction est fortement positive. La température oscille entre 37° et 38°.
Le sujet nous avoue avoir contracté un chancre syphilitique à l’âge de 22 ans, accident qu’il a traité par des pilules et des potions. Depuis plusieurs années, il n’a suivi aucun traitement : son Wassermann est partiellement positif.
Nous lui proposons l’hospitalisation : mais en raison de ses occupations surtout nocturnes, qu’il ne veut pas abandonner, il refuse notre offre ; il accepte seulement de venir au traitement une ou deux fois par semaine.
Nous le mettons au bismuth : il recevra une injection intra-museulaire de 3% cc. de Qimby tous les 5 jours. l'agénite n’augmente plus de volume, mais après la #ixième injection, elle n’a pas sensiblement regressé. Le malade quitte alors Paris pour aller travailler en province.
Cette observation d’une adénite tuberculeuse apparue chez un syphilitique, prouve que le traitement spécifique n’est pas toujours capable, à lui seul, de guérir des lésions scrofuleuses. L’insuffisance de celui qui, a été appliqué à ce malade, d’une part, et les mauvaises conditions de vie dans lesquelles il se trouvait, de l’autre, sont certainement en partie responsables de l’échec de la thérapeutique employée.
OBSERYVATION VIII
Adénite cervicale tuberculeuse guérie par le traitement hydrargyrique. | \
Suzanne $S..., femme de chambre, âge de 23 ans, vient consulter à la Charité le 30 mai 1928 pour ‘une adénopathie cervicale gauche ayant débuté plusieurs mois auparavant, mais dont le volume a rapidement augmenté depuis quatre semaines. Cette adénite est devenue, en même temps, un peu douloureuse à la pression et aux mouvements de la mâchoire.
Cette malade a vécu à la campagne jusqu’en 1925, époque à laquelle elle s’est placée à Paris comme femme de chambre. Elle n’a jamais été gravement malade. Ses parents sont, dit-elle, bien portants, mais elle a perdu un frère et une sœur à leur naissance (fausse-couche ou mort-nés ? P ) | |
C’est une fille d'aspect floride qui a sur le côté gauche da cou une hypertrophie marquée de 3 ganglions de la chaîne carotidienne. L’un d’eux, gros comme un œuf de pigeon est nettement fluctuant, mais la peau qui le recou-
vre est d'apparence normale. La ponction exploratrice amène du pus assez bien lié dans lequel l’examen direct permet de déceler quelques bacilles de Koch au milieu de nombreux lymphocytes. La cuti-réaction à la tuberculine est fortement positive.
L'examen des différents organes de cette malade ne présente rien de spécial à retenir. Elle a cependant des basses frontales un peu proéminentes, le nez dont la base est un peu écrasée et les lobules des oreilles soudés, tous stigmates qui, avec les fausses-couches de sa mère, font penser à la possibilité d’une hérédité syphilitique. La réaction de Wassermann est, par ailleurs, négative.
Nous décidons de soumettre à un traitement mercuriel cette malade qui vient de subir, sans aucun succès, quinre séances d'application de rayons ultra-violets.
Nous lui injectons tous les jours par voie endo-veineuse une centimètre cube de la solution de cyanure de mercure à 1/100. Elle reçoit ainsi 14 injections; en même temps, par deux fois, son ganglion suppuré est vidé par ponction et réintroduction consécutive dans la cavité de deux centimètres cubes d’iode colloïdal. Elle absorbe, de plus, chaque jour, 2 cuillers à bouche de sirop iodotannique phosphaté. |
Après la quatorzième injection nous sommes obligés de suspendre le traitement en raison de l’apparition d’un peu de gingivite autour d’une dent carriée : l’état général est toujours satisfaisant, mais les ganglions se sont peu modifiés. |
Après une douzaine de jours d'interruption pendant
lesquels cette malade fait procéder à un nettoyage de sa bouche, le traitement par les injections de eyanure de