‹ La Scrofule ses Rapports avec la Tuberculose et avec la SyphilisChapitre 42 sur 50 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Enfant scrofuleux — grosse amélioration par le traitement anti-syphilitique.

L'enfant D... Robert, âgé de 7 ans vient consulter au

dispensaire de la rue de Belleville pour des troubles de

l’état général, le 12 juin 1928.

Le. père est bien portant, la mère est morte d’une affection des voies respiratoires (vraisemblablement tuberculose) ; elle avait eu 6 grossesses, sur lesquelles deux enfants seulement sont encore vivants. Sur les 4 autres, 1} y a eu ? fausses-couches, un mort-né et un enfant mort à 5 mois (méningite ?).

L'enfant qu’on nous présente est chétif et pâle :; les bosses frontales sont exagérément développées, les lobules des orelles sont soudés, il a de la blépharite et quelques croûtes d’impétigo près des narines et des commissures labiales. Un grand nombre de dents sont carriées : les incisives sont, de plus, striées et irrégulièrement implantées: mais ce sont encore des dents de lait. Voüûte palatine ogivale.

. Cet enfant porte du côté gauche du cou une petite «i-

DEAN Le Ut

catrie dépiginentée, consécutive à une adénopathie dont il aurait été opéré à l’âge de 2 ans. Il existe, de ce même eôté, une adénite sous-maxillaire formée de ganglions durs, mobiles, assez bien isolés les uns des autres ; le plus volumineux d’entre eux est gros comme une noix. Lés téguments sont normaux et il n'existe aucune douleur: Il existe quelques petits ganglions axillaires et inguinaux.

Il n’y à aucune modification des différents autres appareils. La température est normale.

La cuti-réaction à la tuberculine est fortement positive et la réaction de Wassermann est trouvé négative. Poids : 22 kgs 360.

L'enfant est mis au traitement par les injections de sulfarsenol ; une injection de médicament lui est administrée tous les cinq jours, la première étant de 6 centigrammes, la dose étant progressivement augmentée de 6 centigrammes à chaque injection jusqu’à 24 centigrammes ; On reste ensuite à cette dose qui est administrée S fois. Ë REA

A la fin du traitement, l'enfant s’est développé ; il mange avec appétit, a engraissé de près de 2 kgs, l’amélicration des adénites ést notable : le gros ganglion ne dépasse plus le volume d’un gros haricot : les ganglions axillaires se sont peu modifiés.

L’enfant est envoyé à la campagne et nous n'avons pas eu l’occasion de le revoir depuis.

Cette observation est un exemple de ce que nous avons très fréquemment observé: le remarquable développement d’un enfant scrofuleux et l'amélioration

des accidents qu’il présente sous l’influence du traitement spécifique.

OBSRRVATION XIT

Adénopathie tuberculeuse chez une hérédo-syphilitique, vraisemblablement contractée auprès d’un mx. lade mort de tuberculose aïgüe. Echec partiel du traitement anti-syphilitique. |

M... Jeanne, âgée de 12 ans, nous est amenée à la TR ne du dispensaire de Belleville pour une adénite cervicale, le 27 mai 1928.

Son père, avec qui elle a vécu jusqu’à l’â ge 4 10: DS, est mort de tuberculose à marche rapide (il n’a été malade que 5 mois). Sa mère a fait 2 fausses-couches et a perdu 2 enfants en bas-âge (méningite ?) 2 autres sont vivants. Une réaction de Wassermann pratiquée dans son sang s’est montrée négative.

La fillette que nous examinons est Due chétive, fatiguée : on lui donnerait 8 ans à peine. Elle n’a encore aucun caractère sexuel secondaire.

On remarque de suite l'augmentation de ue de ia région cervicale, constituée par des masses de la grosseur d’un œuf de poule, siégeant au-dessous de l’angle du maxillaire des deux côtés.

Ces tuméfactions, de consistance ferme, mobiles sur les plants profonds, sont recouverts de peau saine : de ces masses ganglionnaires partent de chaque côté. des chapelets de ganglions plus petits, gros comme de petits haricots, plus palpables que visibles, et qui 8e continuent avec des ganglions semblables dans le, creux. aus-

Log Le claviculaires. Il existe également des paquets ganglionmaires dans les aisselles et les plis inguinaux. Elle aurait ces ganglions depuis plus d’une année. La partie antérieure du thorax est le siège d’une eir-

-eulation collatérale qui se prolonge du haut jusqu’au de-

vant du cou et les bras, en bas sur l’abdomen.

1 existe de la submatité du sommet gauche en arrière, avec inspiration rude et soufflante à ce niveau : le souffle a presque un timbre amphorique. Exagération des vibrations sans bruits adventices, broncho-phonie et retentissement de la toux. |

En avant, matité rétro-sternale débordant dans le deuxième espace intercostal gauche où l’auscultation permet d’entendre quelques râles sous-crépitants et du retentissement de la toux.

Les autres appareils sont normaux. Il y à le soir une légère élévation de la température. L’enfant tousse peu, ne crache pas et la recherche du bacille de Koch dans les selles s’est montrée négative. |

La radiographie montre une grisaille de 2 sommets, plus marquée du eôté gauche où il existe quelques marbrures. Hiles très encombrés.

La cuti-réaction est fortement positive.

Le Wassermann est faiblement positif dans le sang.

Poids 29 kg. 250.

: Nous soumettons l'enfant au traitement par le sulfarsenol. Les injections sont faites au rythme habituel d’une tous les cinq jours, la première de 12 centigr., les suivantes à des doses progressivement croissantes de 6 centigr. à chaque injection jusqu’à 30 centigr., 8 injections à cette dernière dose.

Le traitement est admirablement supporté, et nous constatons, à la fin de la série d’injections, une amélioration notable de l’état général, l’enfant s’est développée, elle a gagné 1 kg. 500, mais ses ganglions se sont peu modifiés. L’enfant part alors à la campagne.

Cette observation est un exemple d’une tuberculose torpide, vraisemblablement contractée auprès d’un malade atteint de bacillose aigüe, et évoluant sur un terrain entaché de syphilis.

OBSRRVATION XIII

Adénopathies cervicales suppurées ayant débuté dans l’enfance. Tuberculose pulmonaire ulcéro-caséeuse. Poussées évolutives de la bacillose pulmonaire et aggravation parrallèle de l’adénopathie.

M. L.., ouvrier bijoutier, âgé de 21 ans, entre à l’hôpital de la Charité, salle Corvisart, le 5 mai 1928, pour tuberculose pulmonaire.

La mère de ce malade est bien portante. Elle aurait fait 2 fausses-couches. Son père a été tué au front. Il n’a ni frère, ni sœur.

Yest à l’âge de 7 ans qu’est apparue pour la première fois du côté gauche, une adénite cervicale dont on voit aujourd’hui encore les cicatrices caractéristiques. Le sujet n’a pas eu d’autre maladie jusqu’en 1927, où des troubles de l’état général l’amenèrent à consulter à la Charité. Le diagnostic, après examen clinique et radiologique, est alors porté de tuberculose ulcéro-caséeuse du poumon gauche, à la suite duquel on propose au malade de lui faire un pneumo-thorax artificiel. Il refuse et se

NOR Ce fait Rdmetire daus un sanatorium. C’est pendant le séjour dans cet établissement qu’apparaissent les adénopathies dont il est porteur aujourd’hui encore.

En Janvier 1928, devant l'extension de ses ‘Jésions pulmonaires, il accepte le pneumo-thorax qui lui est fait à Cambo : il reçoit, sans incidents, 8 insufflations. Le décollement ne peut être réalisé complètement : dans les régions sous-claviculaires, axillaires et à la base, il existe des adhérences.

Au mois de mars, la température s'allume et devient oscillante, l’état général s’altère, l’'amaigrissement fait d’importants progrès, et un épanchement séro-fibri du côté du pneumo-thorax apparaît, qu'il faut ponctionmer plusieurs fois. Les adénopathies augmentent en méme temps de volume. Le malade revient alors à Paris et se fait admettre dans le service.

C’est un sujet amaigri, les yeux brillants, les lèvres un peu cyanosées. Sa température est irrégulière, oscillant entre 37°7 et 39°. Il tousse et expectore d’abondants erachats nummulaires où le bacille de Koch est facilement mis en évidence. |

Il a, sur les côtés dn cou et dans les régions sous-mMaxillaires, surtout développés à droite, de gros ganglions, dont deux du volume d’un œuf, sont fluctuants. L’un de ceux-ci est fistulisé. La ponction de l’autre ramène du pus assez bien lié où l’examen direct, après coloration au Ziehl, montre des bacilles de Koch. PS

L'examen de l'appareil pleuro-pulmonaire fait cons-

tater un hydro-pneumo-thorax gauche, avec signes spel-

unquaires dans le poumon à peine collabé. On perçoit, à droite, en arrière, dans la fosse sus-épineuse complètement

mate, un foyer de rales sous-crépitants, avec quelques petits craquements.

L'examen radiologique des poumons n’a pu être pratiqué car, presqu’aussitôt après son hospitalisation, ce malade à fait une hémoptysie assez abondante qui s’est répétée plusieurs jour de suite et avant la fin de laquelle le sujet quitte le service malgré notre avis.

La radiographie faite 1 an et demi auparavant montre des images en mie de pain à la partie supérieure du poumon gauche, avec 2 images annulaires plus importantes, vraisemblablement des cavernes. Les hiles sont encombrées de grosses caleifications, et, surtout marquées du côté gauche, des travées fibreuses s’étoilent dans tout le champ pulmonaire.

L'examen de l'appareil cardio-vasculaire, des organes génito-urinaires et du système nerveux ne révèle rien de particulier. Le front est olympien, les dents sont crénelées et l’appendice xyphoïde paraît ne pas exister, tous stigmates en faveur d’un terrain spécifique héréditaire.

Psychisme un peu spécial (persécuté neurasthénique et revendicateur).

Cette observation montre bien que des accidents scrofuleux, même apparus précocement n’immunisent nullement le sujet qui en a été atteint contre l’ap-

parition ultérieure d’une tuberculose pulmonaire. On

voit également qu’une poussée évolutive de la baccilose pulmonaire peut s’accompagner d’une aggravation parallèle à l’état ganglionnaire.

Nous avons observé un grand nombre de cas identiques à celui-ci.

PME COBSERVATION XIV

Tuberculose fibro-caséeuse du poumon et tuberculose ostéo-articulaire (spina ventosa et abcès froid costal) chez un sujet syphilitique depuis 18 ans.

Le nommé R.. François, boulanger, âgé de 42 ans, entre à la Charité, salle Corvisart, lit n° 38, le 11 novembre 1928 pour bacillose pulmonaire:

Les accidents pour lesquels le sujet se fait hospitaliser ont débuté deux ans auparavant par une atteinte de l’état général, un amaigrissement marqué, de la toux avec expectoration bacillifère, de la température. L’examen du poumon ayant démontré l’existence de lésions unilatérales, un pneumo-thorax est institué, puis le malade part dans un sanatorium de Pau où il séjourne pendant un an.

De retour à Paris au mois d’août 1928, les signes fonctionnels et généraux qui avaient à peu près disparu font leur réapparition : R.. se plaint d’être sans forces, il a perdu l’appétit, tousse et crache de nouveau. En même temps 1l voit apparaître en divers points de son squelette et de ses téguments une série d'accidents locaux : nodosités multiples des coudes, ostéite de la dixième côte droite, spina. ventosa de l’index gauche. La réaction de Wassermann pratiquée dans son sérum sanguin s’étant montrée fortement positive, il est traité par l’acétylarsan, puis par le cyamure de mercure. Sous l’influence de ces diverses médications, les nodosités regressent notablement et l’état général s’améliore un peu.

Maïs — tout traitement ayant été ensuite suspendu — depuis le mois d'octobre, le sujet va de plus en plus mal, et c’est ce qui le décide à entrer à l’hôpital.

Jusqu'à l'âge de 24 ans ce sujet n'avait jamais été malade : c’est alors qu’il contracte la syphilis pour laquelle il reçoit une série d’injections arsenicales suivie d’une série d’injections intra-musculaires (probablement mercurielles), Il n’a fait depuis aucun traitement jusqu’en 1928. Pendant la guerre il a eu une hydarthrose du genou droit, qui est resté depuis partiellement ankylosé.

C’est, nous l’avons vu, deux ans avant son entrée dans le service que s’est manifestée pour la première fois sa bacillose pukmonaire.

Losque nous l’examinons, nous le trouvons très amai- . gri, en proie à une toux quinteuse qui amène une expeetoration abondante dans laquelle il est facile de mettre le bacille de Koch en évidence.

L'examen de son thorax montre une scoliose dorsale à convexité droite, avec abaissement de l’épaule. L’amplitude respiratoire est nettement diminuée du côté droit.

A droite, il y a de la matité dans toute la hauteur du champ pulmonaire. Les vibrations y sont fortement perçues à la partie supérieure et l’on entend, à l’auscultation quelques petits frottements pleuraux et de nombreux bruits adventices parenchymateux.

En arrière, les fosses sus et sous épineuses sont mates, et il existe un gros souffle spelunquaire et de nombreux râles humides. Les mêmes signes sont perçus dans l’aiselle.

À gauche, on trouve des signes identiques, mais localisés au tiers supérieur du poumon.

La radiographie confirme les données de la clinique en montrant une infiltration du poumon droit en partie collabé, avec un grosse caveme en #ñon centre, et une

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