OBSERVATION XVII
Coxalgie, adénopathies et tuberculose pulmonaire coexistantes. |
M. V.., étudiant russe, âgé de 26 ans, entre à l’hôpital, le 17 avril 1928, salle Corvisart, lit n° 12, pour des adénopathies cervicales et axillaires.
IT a eu, tout enfant, rougeole et scarlatine, puis, à l’âge de T ans une coxalgie du côté droit qui le fait immobiliser pendant plusieurs mois et lui laisse un raecourcissement notable.
Réfugié en l'urquie à la suite de la révolution russe, il subit de nombreuses privations se met à maigrir, à tousser et à cracher. En 1921, il veut émugrer aux Etats- Unis, inais la commission médicale américaine s’oppose à son débarquement en lui déclarant qu'il est atteint de tubereulose pulmonaire.
I1 vient alors en France, à Cambo, où il séjourne deux ans et demi et où on lui fait, du côté gauche, un pneumothorax artificiel qui s’accompagne bientôt d’une réaction liquidienne avec température. Un laryngologiste consulté par ce malade pour des troubles vocaux, le déclare atteint de laryngite bacillaire. Son expectoration contient alors des bacilles de Koch.
C’est à ce moment (1924) que les adénites cervicales et axillaires font leur apparition.
Il part en 1925 à Hauteville où 1l séjourne jusqu’em 1928. Le pneumo-thorax est repris, bientôt remplacé par un oléo-thorax. La laryngite guérit, mais les adénopathies augmentent de volume ; il existe des poussées fébriles irrégulières.
C’est alors qu’il vient à la Charité pour y faire traiter son adénite par l’actinothérapie.
Le 18 avril 1928, nous examinons ce malade qui tous-
se peu et n’expectore presque pas. Il n’éprouve ni douleur, n’a pas de dyspnée, ni de température. Son appétit est excellent.
Sur les côtés du cou et jusque dans les creux sus-claviculaires, on voit les téguments soulevés par des masses bosselées, irrégulières, formées de gros ganglions, durs et indolent. Une masse semblable existe dans le ereux axillaire droit, une autre un peu moins volumi-
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neuse dans le gauche. Il n’y a pas de réaction ganglionnairés dans les autres territoires lymphatiques.
L'examen du thorax révèle la présence d’un hydropneumo-thorax gauche confirmé par la radiographie qui montre, en outre, des images spelunquaires dans le poumon gauche collabé et, au niveau du sommet droit, quelques pommelures, avec de petits ganglions calcifiés aux contours très nets.
Les autres appareils semblent normaux.
On ne retrouve dans les antécédents de ce sujet, aucun signe de syphilis. Son Wassermann est négatif. Sa ne mule sanguine est la suivante :
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On ne trouve pas de bacilles de Koch dans les crachats ni dans les selles. Cuti-réaction à la tuberculine forte-' ment positive.
Devant l’insistance du malade, on le soumet au traitement par les rayons ultra-violets : cette thérapeutique ne modifie en rien les adénopathies. On le traite ensuite par injections d’antigène méthylique tuberculeux (une injection du 1/4 au 3/4 de cent. cubes tous les 2 jours). Après la 4° injection, légère élévation de la température: la courbe thermique devient un peu irrégulière et, après la 9° in-
jection d’antigène, le sujet sort de l’hôpital sur sa demande. | |
On voit, dans cette observation, que les adénopathies scrofuleuses qui précèdent si souvent de plusieurs années l’éclosion de lésions pulmonaires, peuvent aussi, dans certains cas, apparaître après elles. La tendance fibreuse de la scrofule se manifeste ici, non seulement dans les localisations osseuses et ganglionnaires de la tuberculose, mais aussi au niveau de poumon.