LIVRE DEUXIÈME
en procession grave et régulière, voici les citoyens et
les magistrats de la cité qui se sont arrêtés sur leurs bâtons et causent familièrement, tandis que, plus loin,
les victimes beuglent et se débattent en désordre entre les mains des serviteurs, tandis que s'organise l'escadron brillant des jeunes cavaliers, la jeunesse dorée, ornement et chère espérance d'Athènes. A cet important défilé se mêlent encore des scènes plus familières, même des scènes intimes ; on voit un Athénien occupé à mettre sa tunique, et près de là, tandis que son maître, à pied, cause avec des amis, un cheval chasse d'un coup de naseaux une mouche qui le pique au-dessus du sabot. Mais pour relever de leur présence la simplicité . de ces tableaux, des dieux, reconnaissables à leur taille plus qu'humaine, à la majesté de leur visage, à la noblesse de leur pose, se sont assis en deux groupes et contemplent le défilé superbe qui se prépare en l'honneur d'Athéna (fig. 92).
La place des métopes, en dehors du temple, en plein air, en plein soleil, permettait de donner aux figures une saillie de ronde bosse; la frise, au sommet du mur de la cella, dans le jour adouci du péristyle, voulait un relief-moins sensible, et c'était là pour les élèves de Phidias, préparés à ces travaux par la tradition archaïque, un élément précieux de succès. Rappelonsnous les stèles funéraires de Marathon , d'Orchomèhe ou de Naples,et la Déesse en char de l'Acropole. Mais ici encore Phidias a innové. Le premier, croyonsnous, il a compris que le très bas relief donné à chaque figure permettait d'en superposer plusieurs dans des plans différents et d'augmenter ainsi le nombre des personnages; d'où la vie et la variété, avec l'illusion de la nature.
Nous ne savons pas au juste quel emploi fut fait