LIVRE DEUXIEME
l'abus archaïque des symétries, des mêmes attitudes reproduites de part et d'autre d'un personnage central. Phidias s'est affranchi de cette contrainte; si la forme même du fronton exigeait l'abaissement progressif des corps, du moins Phidias a-t-il compris et montré le premier que la disposition géométrique, l'obliquité progressive et régulière des lignes rampantes, suffisait à donner à tout le motif son caractère de décor architectural, et qu'il y avait liberté entière de composer des groupes savants, de diversifier les attitudes en dehors de toute correspondance symétrique, de rompre, pour tout dire, avec les régularités d'une convention surannée pour chercher la variété et l'imprévu libre de la nature et de la vie.
Aussi voyons-nous, au fronton oriental qui représente la naissance d'Athéna, Hélios-Hypérion s'élevant de la tête seulement et des épaules au-dessus de l'Océan d'où émergent encore les têtes ardentes de ses chevaux ; puis Héraklès, appuyé, presque étendu sur un coussin bas; à côté d'Héraklès , qui regarde vers le sud, Déméter et Koré, assises sur des escabeaux, légèrement tournées l'une vers la droite, l'autre vers la gauche, pour ménager une transition entre les figures d'angle et les figures debout, se rapprochent, la main sur l'épaule, dans une attitude familière de caresse. Debout à leur côté, Iris, messagère des dieux, l'écharpe ouverte au vent, comme une aile, leur annonce la bonne nouvelle de la délivrance de Zeus. Le groupe central a péri ; nous ne savons bien ni quel instant de la naisance d'Athéna Phidias avait choisi pour le représenter, ni quel était le groupement des dieux acteurs ou
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témoins du miracle. Mais nous retrouvons, à l'angle nord, le groupe fameux des trois Parques, plus probablement des trois Charités : Auxô, Thallô et Karpô, dont deux sont assises, comme Déméter et Koré,
B« dont la troisième,
.5 souplement allonge'e,
js comme Héraklès,
a s1appuie sur les ge-
^ noux d'une de ses
il sœurs avec on ne
e sait quelle volup-
a tueusemollessefémi-
£ nine. Enfin, une tête
superbe de cheval ,
^ dont lenaseau vivant E le cheval delà Nuit, déborde à l'angle extrême du fronton, hors des lignes architecturales , sans crainte d'en rompre l'harmonie, rappelle, mais ne répète pas les chevaux d'Hélios.
Dans le tympan occidental, on voyait Poseido Notant Athènes du cheval, symbole de la puissanc