‹ La sculpture antiqueChapitre 103 sur 163 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

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guerrière, Athéna donnant à sa ville l'olivier, symbole de toutes les gloires pacifiques. Une seule figure nous reste assez intacte pour faire éclater le génie du maître,

Fig. 95. — Héraklès de Phidias.

c'est l'image symbolique de l'Ilissos ou du Képhisos qui reposait à l'angle nord sa nudité divine.

C'est par des dessins de voyageurs, San -Gallo, Carrey, surtout de Carrey, que nous connaissons le groupement des figures dans les frontons (fig. 93, 94); l'histoire lamentable des marbres du Parthénon a été mille fois racontée; on sait comment une bombe vénitienne, en 1687, éventra le temple transformé depuis deux cents ans en mosquée ; comment les Vénitiens brisèrent des statues pour compléter le ravage de leurs bombes; comment le vandalisme de lord Elgin

mutila les métopes en les arrachant de leurs coulisses, enleva, non sans dommage, deux cents pieds de la frise et les statues des frontons que le temps ou la guerre

Fig. p(î. — Képhisos de Phidias.

avaient épargnés; comment enfin ces précieuses dépouilles, captives au Musée Britannique, ne sont plus représentées à Athènes que par de froids moulages. Nous ne pouvons pas, hélas! admirer à leur place même les chefs-d'œuvre de Phidias, et l'imagination, malgré tous ses efforts, a peine à se figurer le rayonnement splendide de tous ces dieux, alors qu'ils baignaient dans l'éclatante et pure lumière d'Athènes, enlevés sur le champ coloré des frontons, parés eux-mêmes de couleurs que le génie de Phidias nous permet de juger discrètes et savamment harmonieuses.

Et pourtant, comme ils sont vivants encore, même sous les brumes britanniques et malgré les outrages des siècles et des barbares, Héraklès (fig. 95) , Képhisos (fig. 96), Déméter et Koré (fig. 97), les Charités (fig. 98), ces morceaux de maîtrise de-

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