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vant lesquels, on l'a très bien dit, un sentiment invincible, en matière d'art meilleur juge que le raisonnement, nous porte à prononcercomme d'instinct le nom de Phidias! A décrire ces statues, les plus parfaites qui
Fig. 97. — Déméter et Koré de Phidias.
soient parties d'une main humaine, les formes de l'admiration depuis longtemps sont épuisées.
Comment exprimer, puisque nous sommes réduits à ne citer que quelques exemples, l'éclat de vigueur souple qui brille au corps divin du jeune Fleuve couché (Képhisos)? Ce n'est pas la nature servilement copiée, car la nature a des défaillances; le plus beau des hommes, le plus superbement taillé en pleine chair saine et palpitante est imparfait en quelqu'un de ses muscles
atrophié par les actions de la vie journalière; la plus noble, la plus élégante de ses attitudes offre toujours, observée de quelque point de vue défavorable, certains assemblages discordants de lignes, certaines saillies inattendues de contours. Mais Képhisos, comme les
Les Charités de Phidias.
héros, comme les dieux d'Homère, resplendit d'une beauté tout idéale que jamais aucun mortel n'atteignit, et qui pourtant n'est que la quintessence de la beauté des mortels. Pour donner l'impression de la supériorité divine, Phidias n'a pas eu besoin de recourir aux subterfuges grossiers des âges naïfs; Képhisos n'est pas un monstre, comme des fleuves sur les monnaies de Sicile, à face humaine, à corps, à cornes de taureau ; mais, sous sa forme virile, si pure dans ses proportions savantes, si naturelle dans son anatomie impeccable, si souple et si vivante dans son attitude de repos et sa sérénité, il se révèle dieu. Et les trois antiques divinités à qui la Grèce a dressé tant d'autels, les trois