LIVRE DEUXIEME
son bouclier, portant sur la main droite la Victoire aux ailes d'or, quelque chose de plus beau qu'Athéna Parthénos, le Zeus Olympien.
L'Athéna fut consacrée en 438; en 435, sans doute, nous trouvons Phidias installé en Elide avec ses élèves. On sait les légendes qui, dans l'antiquité, couraient sur les derniers ans de sa vie et sur sa mort : le grand artiste, accusé de vol, de dilapidation de l'or public, au-
Fig. 102. — Zeus Olympien.
(Monnaie d'Élide.)
Fig. ioj.
Zeus Olympien.
Fig. 104.
Zeus Olympien.
rait dû fuir son ingrate patrie, malheur qui fut pour son ami Périclès et pour Athènes le signal des calamités de la guerre du Péloponèse. Le procès n'est pas douteux, mais les légendes de la condamnation de Phidias et de sa mort dans les prisons d'Athènes n'ont même pas pour elles la vraisemblance; bien plutôt devonsnous croire que Phidias se lava sans peine des injurieuses accusations de l'envie, qui, comme la foudre, a-t-on dit, frappe les sommets. Les prêtres de Zeus à Olympie se fussent-ils adressés à un prévaricateur convaincu et condamné pour lui confier les monceaux précieux d'or et d'ivoire destinés à l'image immortelle
de leur dieu ? « Zeus, dit Pausanias, est assis sur un trône fait d'or et d'ivoire; une couronne est posée sur sa tête, imitant les feuilles de l'olivier. Sur sa main droite il porte Niké, faite aussi d'or et d'ivoire, couronne'e, elle aussi, et tenant à la main une bandelette. Et la main gauche du dieu tient un sceptre fait de tous
les métaux; l'oiseau posé au boutdu sceptre est un aigle. D'or aussi sont les chaussures de Zeus, et d'or son manteau, et sous ce manteau des figures et des fleurs de lis sont incrustées. » Cette froide description indique bien la richesse du chef-d'œuvre. Pausanias, à la suite, passe en revue, complaisamment, la décoration magnifique du trône et du socle; mais de la beauté même qui faisait de la statue colossale une merveille du monde, pas un mot. Quelques vagues images sur des monnaies d'Elide (fig. 101, 102, io3, 104), quelques statues d'imitation lointaine, permettent seules d'entrevoir quelles étaient l'attitude et la forme générale de Zeus. Mais nous devons croire les anciens que sa majesté souveraine frappait d'un respect infini et d'une indicible admiration. « Le
l-'ig. 105. — Zeus archaïque.
Bronze d'Olympie.