LIVRE DEUXIEME
des habitudes attiques et sent l'école dorienne, semble l'œuvre d'un habile disciple de Phidias (fig. 107).
L'œuvre maîtresse d'Alkamènes, d'autre part, pour ne parler que de celle-là, l'Aphrodite Ourania sv joi'tcoiç (dans les jardins), ne nous est connue que par les descriptions. Elle était en marbre, simplement vêtue d'un chiton diaphane. Les anciens se sont répandus en louanges sur le savant modelé des joues, le gracieux ovale du visage, la juste proportion des poignets, la délicatesse de la main et surtout des doigts. Ni la Niké, ni l'Aphrodite ne nous laissent aucun doute; le fronton oriental qui représente les préparatifs, en présence de Zeus, de la lutte entre Pélops et Oinomaos, ne doit rien à l'influence attique; il est inadmissible de croire que Paionios, bien que la Niké soit l'œuvre de sa vieillesse, ait pu changer à ce point sa manière. Le fronton occidental, où se détache le combat acharne des Centaures et des Lapithes aux noces de Pirithoos, n'a non plus aucune des qualités que son chef-d'œuvre exigea d'Alkamènes. Comparés aux frontons du Parthénon, ils en sont à la fois différents par le style et distants par l'âge; ils sont franchement archaïques d'inspiration comme de facture et nous ramènent bien loin en arrière de Phidias. La construction du temple de Zeus, terminée vers 442, durait depuis 572; nous croyons que la décoration sculpturale remonte assez haut dans cette longue période de cent trente ans.
Les métopes du temple d'Olympie qui, au nombre de douze, représentaient les exploits d'Héraklès, n'étaient pas comme celles du Parthénon introduites entre
SCULPT. ANTIQUE. 1$
les triglyphes au moyen de glissières; elles étaient parties intégrantes du bâtiment et durent être sculptées sur place; par conséquent, elles doivent être datées despre-
Fig. 108. — Héraldès et le Taureau de Crète. — Métope d'OIympie.
mières années de la construction; mais ces métopes — au Louvre, à Olympie, il reste Héraklès domptant le taureau de Crète, Héraklès soutenant le ciel, tandis qu'une Hespéride le contemple par derrière et qu'Atlas luioffre les oranges, Héraklès offrant à Athéna les oiseaux