‹ La sculpture antiqueChapitre 137 sur 163 · LYSIPPE · texte numérisé non relu

LYSIPPE

Lysippe, de Sicyone, eut une vie très longue, qui remplit les trois quarts du ive siècle et une carrière féconde et glorieuse, puisque Pline prétend qu'on lui devait plus de quinze cents statues, dont chacune eût à elle seule fait la célébrité d'un artiste. Ce contemporain de Scopas et de Praxitèle, ce compatriote de l'Argien Polyclète fut à son époque un indépendant et passa chef d'école. Il se vantait de ne devoir rien à l'influence de personne et d'être le disciple de la nature. Les hommes, non tels qu'ils sont, mais tels qu'ils lui paraissent être, voilà ses modèles et il les voit avec ces ; caractères : têtes petites, corps élancés et nerveux. On voit que Lysippe répudie le canon qui donnait aux hommes des formes plutôt ramassées, des corps larges et trapus, des têtes fortes. Pline a dit que Lysippe, s'attachant d'ailleurs plus qu'aucun autre à garder la symétrie, c'est-à-dire l'équilibre des proportions, modifia les proportions préférées jusqu'à lui, et changea la stature carrée chère aux anciens.

Ces théories, ce système que Lysippe appliqua sans défaillance, lui font une place à part et donnent une valeur exceptionnelle à la statue du Vatican connue

sous le nom d'Apoxyoménos (fig. i 5o), copie certaine d'un de ses bronzes les plus célèbres, les plus admirés des anciens.

L'Apoxyoménos est un athlète qui passe sur son bras droit le strygile, petit instrument qui servait à recueillir l'huile et le sable dont les athlètes s'oignaient le corps dans les palestres. Le nouveau canon s'y révèle jusqu'à l'évidence : l'homme est grand, mince et svelte, nerveux et pourtant robuste; son air de grande agilité doublée de force tient à la longueur des jambes et des bras, à la sveltesse du torse mince à la taille, étroit aux épaules et musclé cependant. La tête, dont les cheveux sont [librement modelés par mè-

Fig. ijo. Apoxyoménos de Lysippe.

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