LIVRE DEUXIÈME
Vatican est à peu près de même nature., Qui reconnaîtrait, dans cette grande et belle jeune femme endormie, Pâmante passionnée de The'sée? Mollement étendue dans les plis de sa robe ondoyante, les bras arrondis autour de sa tête dans une attitude gracieusement étudiée, le visage ému d'une douleur discrète, elle semble
Fig. 161. — Ariane du Vatican.
sommeiller de fatigue plus que d'angoisse. Nous songeons à Cynthie, à Lesbie, à Corinne, à quelqu'une de ces voluptueuses qui pleuraient l'inconstance d'un Tibulle ou d'un Ovide dans l'attente du nouvel amant. Mais où donc est l'Ariane de Catulle, l'ardente héroïne dont le cœur agite des fureurs indomptées, dont la passion s'échappe en plaintes brûlantes? De telles douleurs briseraient la molle poitrine, de telles invectives déchireraient les lèvres tendres de l'Ariane du Vatican, cette Grecque de la décadence. Et pourtant, co mme la Vénus de Médicis, avec moins de perfection, avec des fautes graves qui sautent aux yeux (comme l'incohérence des plis autour des genoux), la statue nous attire par sa
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Fig. 162. — Apollon du Belvédère.