LIVRE DEUXIEME
parures sont plus ornées, leurs visages sont plus vivants; mais toujours leurs corps sont mal bâtis, sans grâce et sans vérité. De même les sujets des bas-reliefs — le plus souvent des scènes empruntées à la mythologie hellénique — ont de la variété, du mouvement ; la composition en est sobre et simple, bien que parfois savante; mais à tous les corps, hommes, femmes ou animaux, il manque la correction des formes et du dessin.
Toutes ces œuvres portent l'empreinte d'un esprit borné et d'une main maladroite ; les sculpteurs céramistes étrusques n'ont jamais été que de mauvais élèves des Grecs.
A l'époque des Tarquins,la sculpture étrusque était tout à fait hellénisée ; c'est elle qu'introduisirent à Rome les artistes qui décorèrent le temple de Jupiter Capitolin, et dressèrent la statue du dieu dans le sanctuaire, qui sculptèrent quelques statues dont il est fait mention dans les textes, par exemple Tanaquil filant sa quenouille. Mais le génie romain, si peu préoccupé d'art qu'il pût être, était trop original et dominateur pour ne pas imprimer à ses hôtes étrusques un peu de son propre caractère ; leurs œuvres durent prendre quelque chose de plus naïf et austère. Par exemple, les statues honorifiques, dont se couvrit le forum, dont Caton raillait le nombre et la vanité, les bustes iconiques des aïeux que conservaient pieusement les patriciens , devaient garder la rudesse mâle des modèles. C'est ainsi qu'aux plus beaux temps de la République, le célèbre sarcophage de Lucius Cornélius Scipio Barbatus, qui fut consul en 298, est de facture étrusque fortement hellénisée — témoin l'entablement dorique joint aux