‹ La sculpture antiqueChapitre 17 sur 163 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Fig. 19.

Tête de vieillard (Louvre).

vieux, d'où part un pli qui sabre la joue, la patte d'oie, la bouche largement fendue, aux lèvres minces et pincées, le menton osseux et carré, Pair de rudesse et d'entêtement, tous les traits saisissants du vieillard triste et quinteux, sont mis en vigueur avec beaucoup de verve et de franchise.

On pourrait encore signaler quelques bas-reliefs où se révèle nettement l'imitation de l'archaïsme; mais en somme, à l'époque saïte, le bien est l'exception ; la routine thébaine l'emporte, et cette routine, cette tradition, si le mot routine est trop dur, a tant de force, que malgré le contact de.l'Egypte avec la Grèce avant Alexandre, que même plus tard sous le règne des Ptolémées, l'art égyptien y reste irrévocablement attaché; les successeurs d'Alexandre sont figurés dans l'attitude et le costume à peine modifié des Pharaons.

Plus tard seulement, et pour ainsi dire malgré eux, les sculpteurs égyptiens ont subi l'ascendant de l'art comme de la civilisation hellénique. On retrouve en assez grand nombre des œuvres où le style national s'est mâtiné de style grec. Tel est Hor, découvert en 1881. « La tête, dit M. Maspero, est un bon morceau d'un travail un peu sec. Le nez mince et long, les yeux rapprochés, la bouche petite et pincée aux coins, le menton carré, tous les traits concourent à prêter à la figure un

jû LA SCULPTURE ANTIQUE.

caractère de dureté et d'obstination. La chevelure est coupée ras, pas assez cependant pour qu'elle ne se sépare naturellement en petites mèches épaisses. Le

corps, revêtu de la chlamyde, est assez gauchement taillé, et trop étroit pour la tête. L'un des bras pend, l'autre est ramené sur le ventre; les pieds manquent (fig. 20) ».

Hor, on le voit, est plus grec qu'égyptien; mais Hor est encore l'exception. Les statues, les statuettes, les figurines de bronze, des divinités surtout, qui pullulent dans nos musées, et qu'on rapporte sans hésiter à cette longue période qui va des Ptolémées à l'invasion des barbares, au milieu du 111e siècle, sont toutes de style saïte. L'amour de l'empereur Hadrien pour les arts Fig. 20.— Hor. 5m3§ exotiques, pour l'art égyptien en particulier, provoquant en Egypte une nouvelle, mais éphémère renaissance, n'était pas fait pour détruire ce que-la sculpture avait gardé de national.

Cette revue sommaire a bien prouvé, nous l'espérons, que la sculpture égyptienne ne mérite pas le reproche qu'on lui lance si souvent d'immobilité fatigante. Cet art a marché ; il a subi des variations, lentes,

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