LIVRE PREMIER
personnages s'unissent et jouent chacun un rôle dans, une action commune, « qui ont pour raison d'être, dit M. Perrot, le contraste de formes d\m caractère différent et de mouvements qui s'opposent en se faisant équilibre », tels que nous en trouvons un si grand nombre aux belles époques de l'art grec, l'Hermès de Praxitèle, par exemple, ou le Laocoon. L'Egypte a seulement connu ce que nous pourrions appeler les groupes de famille, le père et la mère assis l'un à côté de l'autre, un enfant debout contre leurs genoux. Mais chacun de ces trois personnages est traité comme s'il était seul; par exception, il arrive que la femme passe affectueusement son bras autour du cou de son mari, l'enfant autour du mollet de son père.
Mais c'est surtout l'étude des bas-reliefs qui nous révèle toute une série curieuse de conventions qui touchent la composition des tableaux aussi bien que le dessin des figures, conventions très spéciales, dont aucun sculpteur ne semble avoir jamais songé à se débarrasser, comme il eût certainement été facile, et qui donnent à cette branche de l'art égyptien son style et son caractère original.
A toutes les époques, en Egypte, on a traité le basrelief selon trois procédés. Comme c'est l'usage ordinaire dans tous les autres pays, on a sculpté des figures en saillie plus ou moins haute sur une surface plane ; mais cette méthode difficile, et qui veut beaucoup de temps, n'était guère appropriée aux exigences de la décoration vaste et rapide. Parfois, la figure est modelée en relief dans un creux profond d'un ou deux centimètres; ce procédé, assez rare d'ailleurs, a le grand avantage que,
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le champ seul étant en relief, les figures sont protége'es contre les chocs et les frottements. « En revanche, comme dit M. Perrot, pour peu que la lumière vienne de côté, toute une part du modelé se perd dans l'ombre. » Il était bien plus simple et plus expéditif de creuser simplement des contours sur les murailles bien planées, d'exécuter, pour tout dire, des dessins au burin, sans même se donner toujours la peine de ravaler le champ laissé libre entre ces dessins, pour donner aux figures un relief plus ou moins prononcé.
Mais, quel que soit le système choisi, les conventions du dessin restent les mêmes. M. Maspero, mieux que personne, en a compris l'origine et jugé la valeur; nous citerons encore de lui • cette page heureuse : « Homme ou bête, le sujet n'était jamais qu'une silhouette à découper sur le fond environnant. On cherchait donc à démêler, parmi ces formes, celles-là seules qui ont un profil accentué, et que le simple trait pouvait saisir et amener sur une surface plane. Pour les animaux, le problème n'offrait rien de compliqué : l'échiné et le ventre, la tête et le cou, allongés parallèlement au sol, se profilent d'une seule venue, les pattes
sont bien détachées du corps L'homme ne se laisse
pas reproduire aisément par la ligne seule, et la silhouette supprime une part trop grande de sa personne. La chute du front et du nez, la coupe des lèvres, le galbe de l'oreille, disparaissent quand la tête est dessinée de face. Il faut, au contraire, que le buste soit destiné de face pour que la ligne des épaules se développe en son entier, et pour que les deux bras soient visibles à droite et à gauche du corps. Les contours du