‹ La sculpture antiqueChapitre 24 sur 163 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Fig. 2+.

Canal coulant entre'des palnrciR.

sières. Les Égyptiens n'ont jamais su dessiner un paysage; chaque objet de la nature, observé à part, peut être bien rendu; un arbre se reconnaît sans peine; on distingue facilement un palmier d'un papyrus; mais comme cet artiste dont parle Horace, très habile à sculpter une chevelure, incapable de poser un ensemble, les Egyptiens ont toutes les peines du monde à grouper comme il convient les divers éléments qu'ils savent bien représenter séparément. Qui reconnaîtrait à première

vue un canal plein d'eau coulant à travers des palmiers, dans cette large bande rectangulaire placée à mi-hauteur du tronc des arbres (fig. 24)? Il faut beaucoup d'attention pour distinguer dans celte image (fig. 25) le plan d'une maison entourée d'un jardin, et dans le jardin des vignes, des cyprès, des bassins entourés de verdure. C'est que les arbres ont été comme couchés à plat sur le sol, à côté les uns des autres, et disposés en lignes parallèles, de telle sorte que les branches de l'un ne s'enchevêtrent jamais aux branches d'un autre; ceux mêmes qui entourent les bassins peuplés d'oiseaux aquatiques sont rabattus en arrière, comme les quatre côtés. verticaux d'une boîte cubique qu'on aurait repliés sur le plan du fond horizontal, afin que leur feuillage ne dérobe au regard aucune parcelle de la surface liquide. Ajoutons que tous ces

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arbres sont absolument identiques entre eux et semblent dessinés avec des poncifs, comme les soldats des basreliefs cités plus haut. Quant aux habitations, elles

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Fig. 25. — Maison et jardin.

sont représentées aussi couchées horizontalement, et, du côté gauche, par exemple, suivant une coupe verticale qui permet de voir la disposition des étages. Il y a là un ensemble de conventions et de procédés où la naïveté ne va pas sans quelque imagination. Une telle

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