‹ La sculpture antiqueChapitre 26 sur 163 · ASSYRIE · texte numérisé non relu

ASSYRIE

La Chaldée a une existence historique bien antérieure à l'Assyrie; le courant civilisateur a remonté le courant du Tigre et de l'Euphrate; le centre de la vie chaldéenne est passé d'Our, de Larsam, cités assez proches de la mer, à Babylone, située vers le milieu du cours de l'Euphraie; puis la gloire de Babylone a pâli devant celle de Ninive, qui fut la capitale de l'Assyrie, en pleine Mésopotamie, non loin des sources du Tigre.

Mais on ne peut pas dire qu'en changeant de place la civilisation se soit modifiée, à plus forte raison qu'elle ait fait des progrès. De l'art égyptien, suivant le mot que nous avons cité dans le chapitre précédent, nous ne connaissons que sa décadence; l'art qui prit naissance en Chaldée passa de Chaldée en Assyrie tel qu'il était né, sans changement ni progrès apparent; on peut, on doit même confondre dans une même étude les sculptures chaldéenne et assyrienne, les monuments plus antiques comme les plus récents, et définir cet art un art enfant, qui vécut et mourut enfant. C'est qu'il faut toute l'érudition, toute la finesse

d'analyse de quelques critiques pour distinguer dans la production artistique de ces deux contrées des périodes, et même les plus autorisés d1entre eux nous semblent parfois trop accorder à des hypothèses; nous craignons qu'ils ne confondent le piétinement et le mouvement, et que les sculpteurs chaldéo-assyriens n'aient fait que décrire un grand cercle autour d'un centre fixe.

M. Perrot a dit : « L'art chaldéen et l'art assyrien, cène sont sans doute pas deux arts différents, mais ce

sont deux mouvements successifs d'un même art , deux phases de son développement. » Et il distingue en Chaldée l'art ■primitij , l'art archaïque, l'art classique,en Assyrie plusieurs écoles d'inspiration et de style un peu divers. Ces divisions, qui s'appuient sur de légères nuances, ne nous semblent qu'à peine nécessaires, étant même admis qu'elles sont justifiées; c'est affaire d'impression. Pour nous, c'est l'immobilité de cet art qui nous frappe surtout, et que nous essayerons de mettre en lumière.

A M. de Sarzec, vice-consul de France à Bassorah, revient le très grand honneur d'avoir découvert les

Fig. 26. — Stèle des Vautours.

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