LIVRE PREMIER
plus anciens monuments chaldéens. Les heureuses fouilles de Tello , l'ancienne Sirtella sans doute
Fig. 2(5 bis. — Stèle des Vautours.
(1876-1881), ont enrichi le Musée du Louvre d'une inestimable collection.
Un des plus anciens monuments de cette riche série est une stèle de pierre malheureusement brisée et incomplète, dont les deux faces sont couvertes d'inscriptions et de bas-reliefs; c'est la Stèle des Vautours (fig. 26 et 26 bis). Sur un fragment, des cadavres nus sont empilés horizontalement les uns sur les autres; deux hommes vivants, portant des paniers sur la tête, grim-
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pent le long d'un plan incliné. Il est probable que les cadavres sont censés dans la tombe; le plan incliné figure le revêtement de la fosse, ou bien le tertre funéraire dont les porteurs de corbeilles font l'ascension pour y verser de la terre. Sur un autre fragment, des vautours s'envolent, emportant à leur bec et dans leurs serres des membres dispersés de morts, des têtes, des bras, des jambes. Les cadavres ont un aspect humain, mais leurs corps sont informes, sans aucun naturel anatomique; les jambes sont séparées par une simple rainure; les pieds sont indiqués par des triangles, les bras sont raides, mal unis aux épaules, pendants le long du corps, ou, s'ils se plient, comme cassés aux jointures. Les têtes, comme les corps, se ressemblent toutes : le crâne se développe au sommet en forme de poire, le nez busqué, de pure forme sémitique, prolonge la ligne courbe et fuyante du front; l'œil est grand, vu de face dans le visage présenté de profil; l'oreille démesurée est mal située, mal dessinée; point de barbe ni de cheveux. Tel est aussi l'aspect du corps et des têtes des vivants, sauf que les corps sont voilés, de la tête aux genoux, par un pagne tombant sans- plis, que les têtes semblent coiffées d'une calotte, en arrière. Les mêmes têtes, identiques, comme clichées, se retrouvent entre les serres et au bec des vautours; mais les vautours, bien que grossièrement dessinés encore, sont plus réels, plus vrais que les hommes. Détail caractéristique de facture : les cadavres, dans la tombe, sont superposés, empilés dans le sens vertical au lieu d'apparaître l'un derrière l'autre, couchés à plat. Le sculpteur n'a pas su disposer plusieurs plans dans