LIVRE PREMIER
Tépaisseur de la pierre ; il s'en est tiré par une convention qui nous étonne; il faut un effort pour rétablir chaque figure à sa place. Le sujet que représentaient les différents reliefs de la stèle est bien simple; c'est certainement un monument ! ■
commémoratif d'un monarque victorieux qui a voulu montrer ses ennemis défaits et leurs cadavres enterrés honteusement, dépouillés et nus, ou dévorés sur le champ de bataille par les oiseaux de proie.
La Stèle des Vautours représente pour M. Perrot l'art chaldéen primitif. Neuf statues trouvées à Tello et portant le nom d'un gouverneur de province, Goudéa, représentent l'art chaldéen archaïque; ce sont des statues votives, des hommages à une divinité, comme l'indique la position des mains croisées contre la taille; les personnages, dont les têtes manquent par malheur, assis ou debout, sont vêtus d'une longue robe sans plis (fi g. 27). Nous ne voyons pas trop en quoi ces figures en ronde-bosse sont en progrès sur les figures en bas-relief de la Stèle des Vautours; l'anatomie anguleuse et sèche des bras, des coudes, des mains, la carrure lourde des épaules, les formes trapues des corps, la grosseur des pieds
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Fig. 27.
Statue de Goudéa (Tello).
larges et plats ne nous apprennent rien de nouveau. Les sculpteurs sont peut-être un peu plus habiles que le sculpteur de la stèle, mais pas beaucoup, et Ton doit sans doute attribuer le progrès, si progrès il y a, aux
dimensions des statues, au sujet (car il est plus facile de façonner une statue isoléeenronde bossequ'un groupe en bas-relief), à la matière aussi, car la pierre dure a remplacé la pierre molle et se prête mieux aux précisions de la forme.
Deux têtes séparées, toutes deux rondes et imberbes , Tune chauve , l'autre coiffée d'une calotte à retroussis, sont assez franchement modelées; mais les traits sont
Fig. -8.
Bas-relief chaldéen archaïque.
gros et sans expression, et l'ensemble est en somme de même type, peu supérieur aux têtes des cadavres de la stèle. Enfin, pour ne citer qu'un exemple, la figure en bas-relief que M. Perrot rapporte à cette même période archaïque nous paraît tout aussi naïve et rudimentaire que celle de la période primitive. Les mêmes traits de race sémitique caractérisent les têtes des personnages dont la structure n'est pas moins défectueuse; mais, comme pour les vautours, nous remar-