‹ La sculpture antiqueChapitre 3 sur 163 · EGYPTE · texte numérisé non relu

EGYPTE

« L1 Egypte, comme Ta dit M. Perrot, est l'aïeule des nations policées. » La civilisation qui se développa sur les bords du Nil est la plus ancienne dont il nous soit jusqu'ici donné de connaître l'histoire, et Part, dans cette civilisation, tenait une place exceptionnelle. C'est donc, dans la revue de la sculpture antique que nous entreprenons, par 1' Egypte qu'il faut commencer.

Les origines de la sculpture dans ce pays sont ignorées comme les origines mêmes de la race et du peuple; il est, dans l'état actuel de la science, impossible de dire quand et comment des artistes commencèrent à traduire par le dessin ou par le modelage la

forme concrète des êtres ou des objets qui frappaient leurs regards, comment ils sortirent des hésitations primitives, et par quelles étapes ils arrivèrent à la maturité et à la pleine possession de leurs moyens. Nestor L'Hôte, dessinateur attaché à l'expédition d'Egypte, a dit : « De la sculpture égyptienne, nous ne connaissons que sa décadence. » Toutes les découvertes de notre siècle sont venues confirmer cette vue profonde. L'histoire de l'Egypte ne nous est connue que depuis quatre mille ans avant Jésus-Christ, alors que Minî, se faisant roi à Memphis, fonda la monarchie héréditaire sur les ruines de la théocratie sacerdotale; avant l'avènement des dynasties memphites, tout est ténèbres dans la vie de l'Egypte; on ne sait rien de ses arts, non plus que de sa civilisation ou de ses actes politiques. Tout au plus avance-t-on avec vraisemblance que le fameux Sphinx de Gizeh est, comme le dit M. Maspero dont la science est presque infaillible, « l'œuvre des générations antérieures à Minî ». M. Maspero, qui a récemment déblayé la partie antérieure du colosse, en a jugé la beauté dans une page que nous devons reproduire : « Les sables l'ont tenu enterré jusqu'au menton pendant des siècles, sans le sauver de la ruine. Son corps effrité n'a plus du lion que la forme générale; les pattes et la poitrine, réparées sous les Ptolémées et sous les Césars, ne retiennent qu'une partie du dallage dont elles avaient été revêtues à cette époque pour dissimuler les ravages du temps. Le bas de la coiffure est tombé, et le cou aminci semble trop faible pour maintenir le poids de la tête. Le nez et la barbe ont été brisés par des fana-

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