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LIVRE PREMIER

vainqueur, le conquérant ; peu importe le nom de leur maître, sa valeur, sa gloire individuelle; il est roi, cela suffit et dit tout. Il a un caractère connu d'avance, nettement fixé une fois pour toutes comme ses attri-

Fig. 32. — Festin d'Assourbanipal.

butions souveraines, comme l'étiquette de sa cour; comme la race est belliqueuse, se plaît aux armes, aux expéditions aventureuses et lointaines ; comme elle a sous des rois valeureux gagné de la gloire, la suprême prérogative du roi, c'est pour elle la guerre, et c'est le guerrier que les sculpteurs représenteront surtout. Le chasseur vient ensuite, car la chasse est l'image de la guerre, puis le pontife suprême et le justicier. Le roi, dans la sculpture chaldéo-assyrienne, apparaît donc

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avec ses diverses fonctions, mais comme type, non comme individu.

Ce type de convention est bien curieux. A pied, à cheval, en char, le monarque, quel que soit son nom, se reconnaît à sa chevelure et à sa barbe frisées, à la haute tiare ou bandeau royal qui le couronne, à ses robes somptueuses, chamarrées de pierres précieuses et de broderies, qui pendent jusqu'à ses talons. La richesse de son vêtement et de sa parure, la profusion des ornements sont comme les signes distinctifs de sa puissance; il semble qu'il veuille, par le luxe des étoffes chaudement colorées, la délicatesse des franges, l'éclat des brochures et des appliques d'or, éblouir le peuple qui le contemple et le prosterner le front contre terre, dans l'humble attitude de l'adoration orientale.

Mais c'est à ces détails seulement que se signale le Roi. Accompagné le plus souvent des hauts dignitaires de sa cour, de ses vizirs et de ses eumfques, il ne se distingue d'eux que par ses attributs et le rôle prépondérant qu'il joue dans les scènes représentées; ni son visage n'exprime plus de majesté, ni son attitude plus d'assurance royale; les traits de sa figure, les formes de son corps, et même la disposition générale de son costume ne suffiraient pas à révéler le monarque. Les sculpteurs se sont fait une idée simple et une de ces puissants de la terre, de ces maîtres qui les opprimaient; la face dans la poussière, ils n'ont pas osé contempler leur image en face, de peur d'être foudroyés; ils n'ont pas discerné l'individu dans le monarque ou dans le ministre, et ne savent les représenter que par des lignes générales et vagues, des

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