‹ La sculpture antiqueChapitre 34 sur 163 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

une femme nue est d'ailleurs exceptionnelle et rare; elle nous rapproche déjà des conceptions helléniques.

Donc, au-dessus des rois et de leurs ministres sont les dieux; au-dessous des rois et de leurs ministres sont les hommes. Dans la figuration des hommes apparaît encore l'uniformité de la sculpture en Mésopotamie. Si les hommes sont les serviteurs du prince, de ses vizirs, de ses eunuques favoris, s'ils prennent place dans son cortège, ils ne se distinguent du monarque et des grands de la cour que par l'humilité de leur rôle (ils portent des ustensiles, comme des sièges ou des éventails) ; mais le type de leur visage est invariablement le même. Leur costume d'apparat est, sauf de rares exceptions, non moins riche et surchargé d'ornements. Une seule classe du peuple attirait assez l'attention pour que les sculpteurs aient modifié pour eux leur routine, ce sont les privilégiés des rois conquérants, les soldats. Les nécessités du métier leur imposaient d'ailleurs des vêtements distinctifs et un équipement guerrier, robe plus courte, casque à pointe, armes défensives et offensives; leurs attitudes sont aussi plus variées, comme il convient au mouvement des batailles ; mais le même visage bien connu subsiste et se répète avec une fatigante monotonie.

La femme, comme on doit s'y attendre, connaissant la vie recluse et tout à fait subalterne qu'elle n'a jamais cessé de mener en Orient, la femme, servante, esclave même et non point compagne de l'homme, n'apparaît qu'à de bien rares intervalles dans la série des monuments sculptés. Nous citerons le bas-relief de Kouioudjik où l'on voit une femme d'Assourbanipal

prendre part au festin de son seigneur et maître; mais, il faut bien le dire, ce sont des raisons étrangères à la sculpture plutôt que l'examen même du type figuré qui nous font reconnaître une femme dans ce personnage au visage sémitique très semblable aux visages masculins, aux vêtements tombants bigarrés de broderies comme les vêtements d'hommes (fig. 32).

Au-dessous des hommes, dans l'échelle des êtres, viennent les animaux. C'est à reproduire leurs formes que les Chaldéens et les Babyloniens ont excellé. Les animaux se laissent regarder et étudier dans toute la simplicité de l'état de nature, sans le voile jaloux des vêtements, sans l'illusion de la parure. Leurs corps apparaissent toujours tels qu'ils sont nés, qu'ils ont grandi, qu'ils se sont développés; ce sont pour les sculpteurs de Mésopotamie des modèles toujours présents, mais qui ne posent jamais, au sens technique de ce mot, dont la vie est mêlée chaque jour à la vie intime du peuple, et que les artistes, comme le peuple, apprennent à connaître.

La sculpture chaldéo-assyrienne a su exprimer les formes et les mouvements, le caractère des animaux avec une précision et une variété qui nous surprennent, connaissant son inexpérience à diversifier la représentation des hommes.

Les animaux domestiques, surtout le cheval et le chien, sont figurés avec un rare bonheur; nous citerons le dogue que conduit un esclave, gros, court, trapu, le nez provocant et la queue fièrement dessinée en trompette, et les chiens de chasse hurlants d'Assourbanipai (fig. 35). Les chevaux attelés au char de Senna-

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