LIVRE PREMIER
pleine gueule; il sent déjà les affres de la mort. Cependant le dos s'arrondit; les pattes rapprochées et cramponnées au sol, il se replie sur lui-même et rassemble tout ce qui lui reste encore de puissance musculaire; il se contracte et s'are-boute dans un dernier effort, pour
Fig. 37. — Lion blessé. (Louvre.)
ne point se laisser aller et ne point rouler sur le sol. » (M. Perrot) (fig. 3y).
Il n'est pas d'art sans conventions; la sculpture de la Chaldée et de l'Assyrie a les siennes, très naïves toujours, quelques-unes aussi très originales, que M. Perrot a notées avec beaucoup de précision et très heureusement expliquées.
Signalons avec lui la prédominance du bas-relief et dans les bas-reliefs la présence presque exclusive des figures de profil. La sculpture en ronde bosse ne pouvait convenir qu'à figurer les dieux, ou le Roi dans quelqu'une des rares circonstances où il se présentait seul
et sans cortège. Mais les dieux, le plus souvent, n'apparaissent qu'en face de leurs adorateurs, le Roi qu'occupé à quelque affaire royale, prière, conseil, repas, chasse ou guerre, entouré de sa cour ou de ses sujets.
Or le bas-relief est nécessaire au déploiement des scènes à beaucoup de personnages. Le nombre des plaques rapprochées qui le composent est en quelque sorte indéfini, et leurs dimensions peuvent varier bien plus facilement que celle des blocs où se taillent les figures en ronde bosse; et, de plus, si une seule longue bande ne suffit pas au déroulement d'un vaste tableau, comme une procession ou une bataille, il est aisé de diviser la surface à décorer en plusieurs zones ou registres superposés.
Du reste, les Chaldéo-Assyriens ont pris leurs libertés avec le bas-relief; la saillie peut varier depuis quelques millimètres jusqu'à vingt et vingt-cinq centimètres, sans que jamais pourtant aucune partie se détache du fond.
Tous les sculpteurs ne sont pas aussi naïfs que l'auteur de la Stèle des Vautours ; ils savent disposer plusieurs figures l'une derrière l'autre, au lieu de les empiler verticalement, pour indiquer la succession des plans; mais ce à quoi ils ont rarement réussi, c'est à faire concorder les mouvements des diverses parties d'une figure pour obtenir une attitude vraiment naturelle. Les corps se présentent quelquefois de face, très souvent de trois quarts; mais le visage reste de profil, et pour les mêmes raisons que nous avons dites, l'œil est pourtant dessiné de face.
C'est que les Ghaldéens, les Assyriens sont tou-