‹ La sculpture antiqueChapitre 38 sur 163 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

art stationnaire, enchaîné dans tout le cours de son histoire à des traditions d'enfance, à des conventions naïves ou maladroites; le grand reproche qu'il mérite, c'est d'être monotone. Nous n'osons pas faire un crime aux sculpteurs mésopotamiens de n'avoir rien produit de beau (malgré la meilleure volonté il nous est impossible de signaler une seule œuvre, statue, statuette ou bas-relief, vraiment et complètement belle), car ces artistes n'étaient pas libres de faire autrement ni mieux qu'ils n'ont fait. L'art chaldéo-assyrien est avant tout un art national; il n'a que deux sortes de sujets à traiter, sujets religieux et sujets royaux. Or les peuples de Mésopotamie n'ont jamais conçu que des dieux monstrueux et difformes, des génies, des démons occultes auxquels ne convenait pas la beauté sublime du corps humain idéalisé, comme aux dieux de la Grèce; et quant aux rois, dont, nous l'avons dit, le type était consacré, dont on ne pouvait jamais représenter qu'une image officielle, on croyait les honorer par le grand nombre des statues et des bas-reliefs bien mieux que par la qualité supérieure d'une seule œuvre qui fût un chef-d'œuvre. Il fallait qu'un sculpteur produisît beaucoup, et très rapidement, et qu'il représentât toujours les mêmes scènes ; ces trois nécessités sont les trois ennemies mortelles du progrès et de la beauté.

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