LIVRE PREMIER
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lèbre sous le nom de Prêtre à la colombe (fig. 41), qui provient cTAthiénau et se trouve au Musée de New- York. C'est un homme debout, le pied gauche un peu en avant, qui tend les deux mains, et tient dans la droite une coupe, sur la gauche une colombe posée. Il est coiffé du bonnet conique, d'où s'échappent sur le front de petites frisures, et d'où tombent jusque sur la poitrine, à droite et à gauche, trois longues tresses symétriques; il n'a pas de moustaches, mais il porte une barbe longue et soigneusement frisée. Il est habillé, à ce qu'il semble, de trois vêtements, une chemise plissée qui s'arrête aux pieds nus, une tunique bordée d'une broderie à palmettes tombant à peine au-dessous des genoux, et enfin d'un grand manteau qui se drape sur le buste et la taille et laisse pendre de chaque côté deux masses parallèles, symétriquement plissées. Si l'on veut bien se reporter au chapitre 11 du livre suivant (fig. 52, Si bis, 64, etc.), on se convaincra facilement que la position comme le vêtement du Prêtre à la colombe sont familiers à la sculpture grecque, à la sculpture attique en particulier. Quant à la tête, si le bonnet est une coiffure locale, si la barbe est plutôt orientale (voyez pourtant la tête que reproduit la figure 78), les boucles tombantes sont grecques, et plus
Fig. 4.1.
Le prêtre à la colombe.
encore le type de visage, où les yeux gros et obliques sont dans la manière des figures archaïques qui sourient. Quelques statues cypriotes, du reste, sourient franchement de cette grimace qu'on nomme couramment le sourire éginétique.
Mais ce n'est pas seulement à Cypre que la sculpture phénicienne a subi l'influence de l'art grec naissant. Les terres cuites, dans quelque lieu de la Phénicie ou de ses colonies qu'on les recueille, sont en grand nombre de facture et de sujets grecs; n'était la terre qui diffère de grain et de couleur, on croirait très souvent à des objets d'importation directe. Pour nous en tenir à la grande sculpture, tel bas-relief trouvé à Tyr, tels sarcophages anthropoïdes découverts à Solunte, par exemple, en Sicile, aussi bien que d'autres provenant de Sidon, semblent dus à des artistes grecs, tant le style grec archaïque s'y révèle avec franchise et précision. Il va sans dire que nous parlons seulement des œuvres les plus anciennes; il est trop évident qu'à l'époque classique, comme Cypre est presque absolument hellénisée, la sculpture cypriote, qui par routine garde encore quelques attaches avec la sculpture orientale, n'est plus qu'une branche de la sculpture grecque.
Enfin, nous ne pouvons quitter ce sujet sans rappeler que la très grande majorité, sinon la totalité des stèles funéraires carthaginoises, dont la collection est maintenant si riche, stèles grossièrement ornées de figures gravées à la pointe ou sculptées sans beaucoup d'art, se rattachent à la sculpture phénicienne par les sujets représentés, à la sculpture grecque par maint détail d'ornementation. Prise au hasard à la Bibliothèque