‹ La sculpture antiqueChapitre 47 sur 163 · LIVRE PREMI ER · texte numérisé non relu

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ou de Phënicie. Ils ont fait beaucoup d'emprunts aux Phéniciens, avec lesquels ils ont tant d'analogies de race et de civilisation, mais pas un emprunt tenant à la représentation plastique des objets matériels ou des êtres vivants. Ils n'ont pas même imité, comme eux, les œuvres de l'Egypte ou de l'Assyrie, qu'ils connaissaient pourtant aussi bien qu'eux. A peine peut-on inférer, d'après des textes, qu'ils fabriquaient, ou achetaient aux Phéniciens, de pauvres amulettes de terre cuite, ou d'informes idoles de bois. C'était sans doute que la loi mosaïque interdisait par des prescriptions précises toute représentation matérielle de la figure humaine ou de la forme animale, comme plus tard, dans le même pays, la loi musulmane.

Les Hittites, ou mieux les Hétéens, au contraire, nous ont laissé sur les rochers de leur pays, la Syrie du Nord, et dans quelques régions d'Asie Mineure qu'ils ont de bonne heure occupées, un grand nombre de bas-reliefs dont l'origine, autrefois douteuse, est maintenant bien établie, et qui leur assurent, après les Assyriens et les Egyptiens, à côté des Phéniciens, un chapitre important dans l'histoire de l'art oriental.

L'étude de la civilisation hétéenne est de date récente. Il y a quelques années, on prêtait peu d'attention à l'histoire de ce peuple primitif, quelquefois mentionné dans la Bible, mais déjà comme une race déchue et dispersée à travers les monts d'Ephraïm et de Juda. Depuis le roi Salomon il n'y avait plus d'Hétéens dans la Terre-Sainte; ils s'étaient réfugiés plus au nord, dans 1a vallée de l'Oronte; mais bien avant l'entrée des Hébreux dans la Syrie méridionale, l'em-

pire hétéen y avait été florissant. Voisin de l'Egypte, il avait lutté vaillamment contre les grands Pharaons thébains; on rencontre le nom des Khiti dans les annales de l'Egypte dès la XVIIIe dynastie de Manéthon; jusqu'au règne de Ramsès III, il est question du « vil ennemi de Gadech » — c'était leur capitale, située dans la vallée de l'Oronte, au sud d'Hamath — comme des rivaux les plus redoutables de l'Egypte à l'entrée de l'Asie. D'autre part, si Cadech était le rempart des Hétéens contre l'Egypte, Gargamich, qui gardait un des meilleurs gués de l'Euphrate, était directement menacée par l'Assyrie. Dès le commencement du xvne siècle, les Hétéens luttent contre Teglathphalasar Ier, qui, tournant ou forçant le passage, arrive jusqu'à Arad. Sargon, en 717, réussit à s'emparer de la forteresse. Dès lors, l'histoire ne fait plus mention des Hétéens.

S'il nous était loisible de rappeler dans le détail les guerres où furent mêlés les Hétéens, de nous rendre un compte exact du rôle important que leurs perspicaces historiens, M. Wright, M. Sayce et M. Perrot, — car c'est à eux surtout qu'est due « la question hétéenne » — leur ont fixé dans l'histoire de l'Orient, nous comprendrions comment il est aujourd'hui impossible d'attribuer à d'autres qu'à eux des monuments assez nombreux dont on ne savait encore à qui faire honneur.

La première pierre hétéenne fut découverte en 1812 par Burckardt, à Hamath sur l'Oronte. C'était une inscription en caractères hiéroglyphiques qui n'avaient rien de commun avec les hiéroglyphes de l'Egypte; les figures, empruntées pour la plupart à la vie animale,

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