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LIVRE PREMIER

assyrienne, non plus que les vêtements des femmes, ni leur type : front fuyant, nez pointu, bouche épaisse et menton carré; l'œil, fortement accusé, est dessiné de face, tandis que le visage est de profil. L'ensemble donne l'idée d'un art extrêmement primitif et barbare, mais qui a bien sa place à part en dehors de l'art de l'Egypte, à côté de l'art assyrien; en cela du moins il l'emporte sur l'art phénicien ou cypriote, qui n'a jamais rien eu d'original, pas même des défauts.

Il n'est, ni dans les documents égyptiens, ni dans les assyriens, question des Hétéens occidentaux; mais nombre de monuments retrouvés en Asie Mineure ne permettent pas de douter que, refoulés par les conquérants issus de l'Afrique et de la Mésopotamie, les Hétéens ne soient passés de Syrie en Cœlé-Syrie, et par les défilés du Taurus, n'aient gagné la Cappadoce et les bords du fleuve Halys, puis ne se soient répandus vers l'Occident, à travers la Lycaonie, la Phrygie et la Lydie, jusqu'aux rivages de la Méditerranée.

M. Perrot, le premier, a exploré avec soin le pays qu'Hérodote appelait la Ptérie, c'est-à-dire la vallée du fleuve Halys (Kizil-Irmak, ou fleuve Rouge); c'est lui qui, le premier, a attiré l'attention sur des bas-reliefs rupestres, déjà signalés par Texier, que depuis il a reconnus pour être de facture hétéenne; il n'y a pas à s'y tromper, tant ils ont de rapports avec les bas-reliefs syriens .que nous venons de décrire.

La ville principale de la Ptérie est marquée par les ruines de Boghaz-Keui, sur un petit affluent du Kizil- Irmak; il s'y trouve une série de chambres et de couloirs taillés dans le roc, aujourd'hui à ciel ouvert, que les

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indigènes désignent sous le nom d'Iasili-Kaia, la ■pierre écrite. Les parois en sont décorées de plusieurs groupes de sculpture. « Quel qu'en soit le sens, dit M. Perrot, le sujet représenté dans la grande salle peut se définir la rencontre de deux cortèges. Deux processions parallèles, partant de l'entrée, se développent Tune sur la paroi de gauche, l'autre sur celle de droite; elles font le tour de la salle en marchant à la rencontre l'une de l'autre, et les personnages qui la conduisent semblent s'aborder sur la paroi du fond. Tout en se répondant ainsi, d'un mur à l'autre, les deux cortèges sont loin d'avoir la même importance; celui de gauche est plus nombreux et plus varié; il se compose de quarante-cinq figures, dont les ajustements, les attributs, les poses même présentent une certaine diversité; il n'y en a que vingt-deux dans celui de droite, et, sauf un seul qui reste à part, tous les personnages de cette bande reproduisent fidèlement un type unique. Dans tous les personnages de droite, hors dans celui auquel nous avons fait allusion, qui marche le second, ce sont des femmes que l'on croit reconnaître à la robe traînante dont les plis réguliers descendent jusqu'à la cheville, et aux cheveux qui tombent en longues tresses sur les épaules. Nous ajouterons que la tiare ronde, l'unique coiffure que l'on rencontre dans cette série, ressemble fort à celle que portent les femmes dans les stèles de Marach; seulement, ici, cette tiare, posée plus droite, est cannelée et comme tourrelée par en haut. C'est la même coiffure, mais devenue plus élégante et plus ornée, ou peut-être seulement dessinée par un ciseau plus adroit à rendre de menus détails. Dans le cortège de

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