LES PRIMITIFS
Une double série d'importantes découvertes permet d'écrire dans un sens qu'il était difficile de prévoir il y a peu d'années le second chapitre de l'histoire de la sculpture grecque. L'archéologue n'a plus à chercher à tâtons, dans les ténèbres des auteurs et le vague des musées déjà anciens de l'Europe, les textes et les monuments d'interprétation très incertaine. Une double collection de statues dont les provenances sont certaines, dont les dates peuvent être fixées avec quelque précision, jette maintenant un jour tout nouveau sur les développements qu'a suivis la plastique grecque à ses origines.
C'est un lieu commun aujourd'hui de parler de ces antiques idoles en bois ou en pierre aussi grossièrement équarrie que le bois, de ces xoana que, sous couleur de donner aux dieux figure humaine, les sculpteurs primitifs coupaient à force de hache dans un tronc d'arbre, découpaient à la scie dans une planche, taillaient à coups de marteline dans un bloc de calcaire, têtes informes, corps méconnaissables, sans contour réel, sans sexe, sans beauté, qu'enserrait une gaine sans plis, dure et rigide. Avec un soin méticuleux on a recueilli les témoignages des anciens au sujet de