LIVRE DEUXIEME
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laidement bestiales; mais les détails caractéristiques de cette époque se retrouvent; les visages sont présentés de face, les bustes de trois quarts, tandis que les jambes et les pieds sont vus de profil, attitude déjà connue. La Gorgone s'agenouille pour courir, comme l'Artémis ailée de Délos. Les chevelures des Kercopes retombent à droite et à gauche de leur tête (ils sont suspendus par les pieds) en un triple chapelet de boules, comme les cheveux du Moscophore. L'Athéna qui assiste Persée n'a pas une autre coiffure que l'Apollon de Ténéa, et la tunique tombe à plis réguliers comme les draperies des statues de Délos ou de l'Acropole. Enfin, depuis longtemps on a noté les ressemblances de ces métopes fameuses avec quelques monuments de main dorienne comme eux : du même geste que Persée décapite Gorgone, Oreste tue Klytemnestre sur une curieuse stèle trouvée aux environs de Sparte.
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KANACHOS — LES FRONTONS DEGINE
Il est d'ordinaire une transition entre les œuvres naïves des primitifs et les chefs-d'œuvre parfaits des maîtres classiques, transition parfois lente et pénible, sans attrait que pour l'érudit curieux : ce sont les pages fastidieuses d1un roman qui font longueur et qu'on saute. En Grèce, cette période est courte, pleine d'enseignements et d'intérêt. Jamais aucun peuple ne passa avec tant de souplesse ni de rapidité des hésitations de l'enfance qui tâtonne à l'assurance de l'âge mûr. Entre les ouvriers qui dégrossirent l'Artémis xoanon de Délos et les sculpteurs qui plissaient amoureusement les tuniques des déesses athéniennes, qui peut dire combien d'années se sont écoulées? Mais ces derniers et Phidias, nous le savons, moins d'un siècle les sépare, et ce siècle, c'est celui de Kanachos, de Kalamis et de Myron. Nous devrions dire des maîtres d'Argos, de Sicyone et d'Égine, car un trait distinctif de cette période, c'est la formation non pas d'écoles, mais de centres artistiques ayant chacun sa vie indépendante. Déjà, dans les œuvres que nous avons étudiées, nous aurions pu distinguer, avec quelques historiens , deux courants naturels, le dorien, entraînant les sculpteurs du Pé-