‹ La sculpture antiqueChapitre 80 sur 163 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

loponèse, de la Béotie et de la Sicile; l'ionien, qui roulait ses eaux autour de l'Asie antérieure, des îles grecques ,et de l'Attique : courants souvent parallèles, quelquefois aussi confondus. Ces courants semblent maintenant avoir trouvé des lacs où ils se sont étendus pour y stationner, séjours de prédilection qu'ils ont rendus célèbres.

Fidèle à notre méthode de ne parler que des œuvres qui ont survécu, sans rien dire des sculpteurs d'Argos connus seulement par la mention d'un historien ou Téloge de quelque critique, nous irons droit à Kanachos, le plus ancien des maîtres de Sicyone.

Son œuvre maîtresse fut l'Apollon Philésios, en bronze, qu'il cisela pour le temple de Didyme, près de Milet, et dont une réplique en bois de cèdre orna le temple d'Apollon Isménien, près de Thèbes. Des monnaies de Milet donnent une idée vague de ces statues; plusieurs petits bronzes, l'un au Musée Britannique, l'Apollon Payne-Knight, deux autres, presque identiques, l'Apollon de Naxos, à Berlin, et un Apollon trouvé au temple d'Apollon Ptoos par M. Holleaux, une statue de marbre ayant la même origine, une autre, plus petite, connue sous le nom d'Apollon Strangford (Musée Britannique), enfin le précieux Apollon de bronze du Louvre, l'Apollon de Piombino, sont des copies très antiques et à peu près exactes de l'Apollon de Kanachos. Le dieu était debout, le pied gauche légèrement avancé; les bras, collés au corps jusqu'aux coudes et relevés depuis les coudes, se tendaient pour porter des attributs. Apollon Payne-Knight porte sur la main droite ouverte un petit faon accroupi; la main

SCULPT. ANTIQUE. II

gauche, fermée, tenait un arc; ses cheveux tombent

sur son dos en chignon, sur ses épaules en longues boucles, selon la mode archaïque. Apollon de Piombino est dans cette attitude; mais le faon, ou l'attribut, quel qu'il ait été, est tombé de sa main droite, et les cheveux noués sur la nuque, en catogan, ne pendent pas sur les épaules. L'orbite des yeux est creuse, pour recevoir un globe de matière brillante; les lèvres et les pointes des seins, par un raffinement d'élégance et de richesse, sont marqués par une incrustation de cuivre rouge (fig. 74). Kanachos, jugé d'après ces répliques de son oeuvre capitale, est encore attaché à tous les procédés, à toutes les conventions de l'art primitif. Son Apollon semble un terme de ' cette

Fig. 74. — Apollon de Piombino. riche série longuement étudiée; il descend en droite

ligne de l'Apollon de Ténéa; mais en lui les traits de

la race se sont affinés. Le mouvement des avant-

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