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LIVRE PREMIER

La nécessité pour les sculpteurs memphites d'exprimer avec précision les traits exacts de leurs modèles, traits du corps aussi bien que du visage, les a rendus

observateurs et familiarisés avec l'innombrable diversité des mouvements et des attitudes ; aussi leur ciseau excelle-t-il dans la représentation en ronde bosse ou en bas-relief des compagnons qu'on enfermait dans la tombe avec la momie et les doubles.

Toutes les statues ou statuettes de calcaire ou de bois qui frappent d'étonnement les visiteurs du Musée de Boulaq et bouleversent toutes les fausses idées courantes sur la raideur et l'uniformité de l'art égyptien, tous les personnages découpés en saillie sur les murailles des mastabas, ne sont pas des portraits au même titre ni au même sens que les scribes ou le Sheikh-el-beled ; mais ils sont dus à la même inspiration, et c'est aux mêmes idées sur la vie d'outretombe qu'il faut attribuer ici la justesse de leur allure et le naturel de leurs formes, là l'ingéniosité simple de leur groupement.

SCULFT. ANTIQUE. 3

Fig. 6. — Knoumhotpou.

Ces esclaves, hommes et femmes, qui se livrent à toutes les occupations de la servitude, dont nous donnons un exemple (fig. .7), dont on peut voir reproduits,

dans V Histoire de l'Art de M. Perrot, de nombreux spécimens, sont bien réels et vivants, et dignes des maîtres qu'ils avaient suivis au fond des mastabas pour pétrir le pain de leur repas ou nettoyer leur mobilier funéraire.

Comme l'a si bien dit M. Maspero, « la reproduction en peinture ou en sculpture des personnesetdes choses assurait à celui au bénéfice de qui on l'exécutait la réalité des personnes et des choses reproduites ». L'idée une fois admise, les théologiens et les artistes en tirèrent rigoureusement les conséquences. De là ce grand nombre de tableaux ou de bas-reliefs couvrant les parois sépulcrales; de là aussi la variété des scènes figurées; tout ce que le mort possédait sur

Fig. 7. — Esclave boulanger (Boulaq).

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