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LIVRE DEUXIEME

Fig. 86. — Discobole de Myron.

Mais le progrès qu'elle marquait, progrès dont il était difficile aux artistes médiocres de profiter, ne leur semblait pas aussi important que la conquête de Myron sculptant le Discobole.

Lucien a décrit cette statue fameuse avec une élégante précision : C'est un athlète qui se penche et prend élan pour jeter un disque le plus loin possible ; sa tête se tourne vers la main droite projetée en arrière qui tient le disque, et tout le torse suit, pour ainsi dire, le mouvement de la tête. La jambe droite, solidement campée sur le sol, se plie au genou pour établir l'équilibre, et la jambe gauche, complètement infléchie, touche la terre de l'extrémité du pied, sans appuyer. Le Discobole était en bronze.

Un célèbre marbre du palais Massimi aile Colonne, à Rome, un autre marbre du Vatican, en sont des copies sur la valeur desquelles on ne peut se méprendre, tant l'attitude du personnage correspond bien aux descriptions antiques, tant le style en est original, tant on retrouve dans tel ou tel détail de muscles, dans tel ou tel procédé de modelage, la sécheresse technique propre aux statues de bronze. Pour nous, nous sommes assez, en l'atténuant, de l'avis de Quintilien : « Quelle œuvre plus contournée, plus élaborée que le fameux Discobole de Myron ! » Et de fait, si l'on apercevait brusquement le Discobole au bout d'une galerie réservée aux statues que nous avons étudiées jusqu'ici, statues archaïques, d'attitudes simples, disons monotones, pourrait-on se défendre de reprocher un peu de violence à son attitude, et de juger que le génie de Myron aimait un peu la recherche et l'effort (fig. 86) ?

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