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avec les anciens, son extrême talent à sculpter les animaux. De nombreuses épigrammes de V Anthologie louent l'admirable naturel d'une vache de bronze dont la figure 89 reproduit sans doute une bonne copie : «Berger, disait Anacréon, fais paître ton troupeau plus loin, de peur que, croyant voir respirer la vache de
Fig. 89. — Vache de Myron.
Myron, tu ne la veuilles emmener avec tes bœufs. » Désormais, grâce à Myron, la sculpture est sortie non de l'enfance, mais de l'adolescence; maîtresse enfin de toute sa force et de tous ses moyens, elle n'ignore plus aucun mystère de la forme et de l'anatomie humaine. Elle est devenue capable de reproduire toutes les attitudes, s'est reconnu le droit de représenter tous les gestes; elle a compris que le visage,, miroir de l'âme, doit en refléter les émotions; que le bronze et le marbre :se prêtent, par la perfection de certains outils et de certains procédés, à toutes les vo-
lontés de l'artiste. Le moindre effort sera suffisant pour la débarrasser du reste de sécheresse et de dureté qu'une critique très sévère conserve le droit de lui reprocher.
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Fig. 90. — Bronze de Sparte. (Cabinet E. de Rothschild.)
Aussi n'est-il pas surprenant que Myron ait fait école; certaines œuvres de valeur exceptionnelle rappellent à s'y méprendre sa manière. Nous citerons la statue d'athlète se versant de l'huile dans la main, au Musée de Munich. D'autres procèdent de la même inspiration et dénotent chez le sculpteur les mêmes sentiments esthé-
tiques. A ce titre, nous attribuons un intérêt particulier à un petit bronze trouvé près de Sparte (cabinet de M. Edmond de Rothschild). C'est la copie la plus ancienne qui nous soit encore parvenue d'un original qui, si Ton en juge par le nombre et la valeur des répliques, fut autrefois en grande faveur. Un jeune berger ou un jeune athlète, un coureur, sans doute, assis sur un rocher, travaille à extraire une épine de son pied gauche. L'attitude d'exception et la franchise du mouvement rare, l'anatomie simple et vigoureuse du corps, la tête forte aux cheveux drus et courts, l'expression du visage attentif nous remettent en mémoire les observations que nous a suggérées l'étude du Discobole et du Marsyas (fig. 90). Quelques traits enfin du type que personnifie le Discobole ont été adoptés pendant de longues années par de très grands sculpteurs, comme la forte saillie de chair à la naissance du nez, détail singulier qui se retrouve, entre mille exemples, au Thésée de Phidias, au Diadumène de Polyclète, à l'Hermès de Praxitèle.