‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 100 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 171, note · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 171, note

2. On a retrouvé, sur une des bases votives de l’Acropole d’Athènes, la signature d’un Archennos de Chios (cf. Iriser, att., I, Suppl., p. 89 et 181, n° 373 95 ; Lolling, Catal. des inscr. de l'Acrop.. p. 43, n° 34). Mais peut-on la considérer comme étant celle de l'inventeur de la Nike ailée ? C’est l’opinion habituellement suivie : cf. Collignon, Ilist. sculpl. gr. , 1, p. 140 et 338 ; F.. Gardner, Ilandbook greelc sculpl., I, p. 101, note 5; Studniczka, Siegesgœllin, p. 9. Il n’est pas certain que ce soit la bonne : l’inscription est d'une forme bien récente pour se rapporter à Archermos fils de Mikkiadès; elle doit dater de

COMMENCEMENTS DE L’INFLUENCE IONIENNE

lement à Délos que les Attiques purent prendre le contact de l’art chiote, mais dans d’autres îles encore et à Chios même. Car, à cette époque, les rapports étaient devenus fréquents et faciles entre tous les États du monde grec 1 ; sur les flots de la Méditerranée orientale se nouait un réseau de plus en plus serré de routes commerciales et d’intrigues politiques : la riche et commerçante’ Chios faisait un des nœuds les plus forts de ce réseau. Et qui sait si ce n’est pas à l’étendue des relations de ses marchands et de ses armateurs que ses artistes durent en partie la diffusion au loin de leur renommée, de leurs œuvres et de leur influence?

Après que l’on a pesé ces diverses raisons, on sent une impossibilité de croire qu’en 560, à plus forte raison en 550, l’art de l’ionienne Chios fût encore ignoré à Athènes3. De fait, n’avons-nous pas à deux reprises, dans les plus récentes sculptures en pierre tendre (dans le Zeus de Y Hécatompédon et surtout l’ Héraclès du fronton d’iris ), signalé certains traits nouveaux, résultat des premiers souffles d’une influence étrangère4, traits qui s’accordent avec les caractères habituels de la sculpture ionienne? Ces traits nous apparaissent à présent comme les signes avant-coureurs du grand changement qui s’accomplit peu après dans l’art attique, et que nous tâchons d’expliquer.

la fin du vi* siècle et désigner plutôt un second Archermos, petit-fils du premier : cf. ’Etprjji. àp/., 1888, p. 74, note 1 (Lolling'. En tout cas, cette signature, par le seul fait qu'elle est de beaucoup postérieure à 550, ne peut rien prouver quant aux commencements de l'influence ionienne en Attique.

1. Le grand voyage de Solon à Naucralis, à Chypre, en Asie Mineure; puis, plus tard, les ambassades multipliées de Crésus à Sparte, à Athènes, à Delphes, sont parmi les indices les plus importants de cette pénétration réciproque des peuples voisins de la mer Ægée.

2. Cf. Fustel de Coulanges, Mémoire sur l'île de Chio , p. 260 des Questions historiques.

3. 11 y a, dans la collection Warocqué, une tète féminine archaïque, en marbre, que le Catalogue donne comme ayant appartenu probablement à un Sphinx, mais qui peut aussi bien provenir d’une Nike, ou même d'une simple coré [Collection Raoul Warocqué : Antiq. égypt., grecques et romaines (Mariemont, 1903), p. 9, n" 6, gravure]. Aucune tête, à ma connaissance, ne ressemble davantage, par l'esprit et le détail matériel de l’exécution, à la tête de la Nike de Délos ; on peut presque affirmer qu'elle sort du même atelier. Or, la provenance indiquée pour la tête Warocqué est Phalère. Ce n’est là, malheureusement, qu’un dire de marchand, et il se peut que le marbre ait été trouvé à Délos ou dans une autre des Cyclades; si on avait la certitude qu'il a été découvert en Attique, on aurait par lui la preuve formelle de l’existence, en Attique, vers le milieu du vi* siècle, d’une sculpture exécutée par un artiste chiote.

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