‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 101 sur 312 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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Le premier contact entre les deux écoles chiote et attique n’a donc point dépendu d’un événement déterminé ni de la volonté d’un homme ; il a résulté de la force même des choses et du cours ordinaire des relations entre Athènes, Délos, C-hios et les cités grecques d’Asie. Il n’y eut pas une invasion soudaine et inattendue des œuvres ioniennes, un assaut vainqueur donné tout d'un coup et sans avertissement préalable aux ateliers attiques, mais plutôt, dans les premiers temps, une infiltration d’influence, une action exercée à distance et restant douce, quoique efficace.

Pourquoi donc, s’il en arriva ainsi, les apparences sont-elles contraires? En décrivant tout à l’heure1 l’aspect des diverses salles du musée de l’Acropole, j’ai insisté en effet sur la brusquerie du changement survenu, sur le manque de transition entre le Moschophore et les statues féminines réunies dans la salle suivante, que l’on pourrait appeler le « salon des corés » ; et à présent encore, je crois que cette impression du premier moment est d’une incontestable justesse, et je la trouve très instructive, en raison de la force même avec laquelle elle s’impose à l’esprit. Mais il ne s’agit là que d’un jugement sommaire et par masses; la réalité, vue de près, comporte plus de nuances. D’abord, les sculptures renfermées au musée de l’Acropole ne sont pas toute la sculpture attique ; elles ne nous rendent que les œuvres qui étaient exposées sur l’Acropole au vP siècle, et une partie seulement de ces œuvres. Les transitions indispensables entre les deux périodes qui nous occupent pourraient ne plus exister là et avoir cependant existé. Mais d’ailleurs, en étudiant ces sculptures une à une, on y découvre les intermédiaires que réclame la logique entre le Moschophore et le groupe suivant. Si le Moschophore semble coupé de ce groupe par un large fossé, c’est que ledit groupe est constitué en grande majorité de figures postérieures à 540, à physionomie ionienne bien marquée; mais notre premier coup d’œil nous trompe lorsqu’il confond avec cette majorité quelques figures plus anciennes, différentes par le travail et le style, parentes non éloignées du Moschophore , lesquelles sont un trait d’union entre les deux groupes opposés. On comprend qu’il n’est point sans importance de trier et mettre à part ces figures.

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