‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 102 sur 312 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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COMMENCEMENTS DE L INFLUENCE IONIENNE

Déjà nous avons tiré hors de la troupe commune la curieuse statue xoanisante ; nous lui avons rendu son vrai caractère et l'avons remise à sa vraie place1 2. A côté d’elle est exposée une autre figure, n° 678 [Au musée de l'Acrop., p. 331, fig. 32), qui lui ressemble en beaucoup de points et diffère d’elle en quelques autres ressemblances et différences sont également significatives.

Que l’on compare avec soin ces deux statues3 : il n'y a guère doute qu’elles sont du même artiste ; à une foule de petits signes particuliers, on reconnaît la même main. De l'une à l’autre, pourtant, un changement considérable s'est produit. Nouveau est le costume de la seconde, et il témoigne d’un esprit nouveau. La robe n’est plus l’étroit péplos quadrangulaire, coupé net à la hauteur des chevilles, d’une raideur outrée, qui transformait la vie et la souplesse des lignes réelles du corps en une sorte de géométrie paradoxale. Yoici, pour la première fois, le cliitôn ample et long, le chitôn ionien4 5 6. Seulement, remarquons l’aspect singulier qu’il offre çà et là : par derrière et sur les côtés, il se colle aux jambes avec une docilité sans pareille ; et, par devant, il est plat et rigide comme du bois ; il tombe d’aplomb, du torse aux genoux, sans dévier de la perpendiculaire, sans fléchir même sous la ceinture, qui existe cependant et devrait rompre cette verticalité excessive. Un détail fort digne d’attention est cette poignée de plis que la main droite retenait le long de la cuisse. Ces plis semblent ne point provenir du vêtement, ne s'y point rattacher ; on croirait que c’est un morceau de marbre rajusté après coup, et mal rajusté3. Il est vrai que, dans toutes les statues de type analogue, soit les détiennes ou les athéniennes, le chitôn est traité sur certains points d’une manière conventionnelle fi. Mais ici, à la convention s'ajoute sûrement la maladresse — maladresse d’un artiste à qui ce vêtement n’était point familier et qui ignorait la façon d’en tirer parti, qui copiait gauchement un

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