Cf. Au mus. de l'Acrop.. p
type resté jusqu'alors étranger à ses habitudes. La convention vient du modèle imité, la maladresse est le fait de l’imitateur. On s'aperçoit vite que celui-ci, en essayant de s’imposer une discipline nouvelle, n’a pas su se débarrasser entièrement de l’ancienne ; les deux se mêlent ensemble et s’accommodent comme elles peuvent.
Mais le même vêtement nous offre une particularité plus notable encore. Le haut en est rabattu, formant apoptygyyia 1 ; ce chitôn de toile est donc drapé (chose exceptionnelle) à la manière du péplos de laine. En même temps, par ses contours sinueux et inégaux, ses plis superposés, l’alignement de ses agrafes sur le bras, ledit apoptygma rappelle l’himation ionien, dont il diffère cependant par son peu de longueur, son aspect collant et étriqué, la minceur de ses plis raides. Il est strictement plaqué sur la moitié supérieure de la poitrine, et, plus bas, les plis qui descendent en escalier sont comprimés à l’excès, comme s’ils eussent été aplatis sous le fer à repasser. On dirait que l’artiste a emprunté à la fois à deux vêtements d’espèce différente, et qu’il s’est tenu à distance égale de l’un et de l’autre : de l’ample himation aux pans flottants, qui revêt la plupart des corés ioniennes, et de X apoptygma du péplos, court et tout uni, tel que nous l’avons vu dans les plus anciennes figures féminines attiques 2 et en dernier lieu dans la statue xoanisante . Ou bien on pourrait dire encore qu’il a voulu, au lieu de délaisser franchement l’habituel péplos à apoptygyna , le transformer selon la mode nouvelle, et en tirer, par des remaniements partiels, quelque chose d’analogue à la combinaison ionienne du chitôn et de l’himation.
Tel est bien aussi le caractère d’ensemble : vue de derrière, la statue semble être entrée tout à fait dans la mode ionienne, tandis que, par devant, ses surfaces plates et rigides rappellent de fort près la tradition attique de la figure xoanisante. Elle est donc un composé d’éléments d’origine diverse ; en elle se rencontrent et se mélangent deux courants opposés. C’est que,
1. J’avais mal expliqué, précédemment, ce détail du costume : cf. Au mus. île l'Acrop.,p. 162-163. Pour les quatre statues visées dans ce passage, j’ai eu tort de parler d’une pièce cousue au bord supérieur du vêtement, d’ « une sorte de rabat»; il s’agit bien plutôt de l 'apoptygma obtenu sur le chitôn même, en le pliant horizontalement. Cet apoptygma est de très petites dimensions dans les deux statues nos 687 et 688; il est plus grand dans les deux autres, n°s 678 et 611.