Cf. Aihen. Mittheil., XIII, 1888, p
2. Sphinx n° 630 : bibliographie dans Au mus. de l'Acrop., p. 384. Marbre des lies : cf. Lepsius, op. p. 71, n° 43. — Sphinx n° 632 : cf. ’Ecprip.. àp/., 1883, pi. XII, A et A2, p. 237 sqq. (Politis); Pawlowski, op. I., p. 272, fig. 97. Marbre des Iles : cf. Lepsius, op. L, p. 72, n° 44.
COMMENCEMENTS DE L INFLUENCE IONIENNE
à croire qu’elle provient d'Athènes et que son auteur et celui du Sphinx 630 ne sont qu’un. — Quant au Sphinx 632 (fig. 14), il est d’une autre main, mais non d’un autre style, ni d’une
Fig. 14. — Statue de Sphinx (Acropole).
autre époque. Les cheveux, travaillés un peu différemment, sont pourtant encore disposés de la même façon ; l’oreille, un peu moins plate et moins sèche, a toujours même dessin; les yeux, bien (qu'ils présentent ce détail nouveau d’une séparation
nettement marquée entre la paupière supérieure et l'arcade sourcilière, sont tout aussi obliques, avec la même expression riante ; et enfin voici, une fois encore, le petit sillon vertical sèchement creusé au dessus de la lèvre supérieure et au dessous de la lèvre inférieure. Mais, autour des ailes du nez, iln’v a plus qu’un léger trait doux, au lieu de la rainure enbiseau;la bouche, plus grande et plus molle, a perdu presque toute sécheresse et se termine en des coins qui témoignent déjà d’une recherche délicate; les contours du visage ont quelque chose de plus gracieux, malgré leur épaisseur et leur manque de précision. — En somme, ces deux Sphinx (qui ne sont d’ailleurs que des œuvres décoratives d’une valeur secondaire) nous apparaissent comme de proches successeurs du Moschophore et des anciennes sculptures en pierre tendre, dont ils gardent encore quelques traits caractéristiques ; mais ils ne les continuent pas en ligne directe : l’un et l’autre, et dans une mesure plus forte le Sphinx 632 (ftg . 14), ont dévié du côté de l’idéal ionien et lui ont emprunté les éléments qui donnent àmaints détails de leurs formes et à l'expression générale de leur physionomie un aspect nouveau.
On est renseigné avec une suffisante abondance par cette dizaine d’exemples1; ils se trouvent être, heureusement, assez variés pour se compléter l’un l’autre. Ce sont des marbres qui, exécutés en Attique par des sculpteurs attiques2, ne sont plus cependant de la pure lignée attique. Leurs auteurs ont
1. Tous en ronde bosse; j'omets ici les bas-reliefs, très peu nombreux d'ailleurs. Ils seront plus loin l’objet d’un chapitre spécial.
2. Notons cependant que la grande majorité de ces sculptures sont en marbre des lies ; seule, la tête de l’Acropole n" 617 est en pentélique ; et il y a doute pour la tète d’Éleusis. Mais il ne faut pas accorder grande importance à cette question de l’origine du marbre (cf. ci-dessus, p. 127, note 1). Voici, je crois, tout ce qu’il y a lieu d’en dire : quand les sculpteurs attiques commencèrent à travailler le marbre plutôt que la pierre tendre, ils connaissaient assurément le marbre des Iles non moins que celui de l’Hymette ou du Pentélique, sauf qu’ils n’avaient pas encore fait eux-mêmes l’épreuve de ces variétés de la belle matière nouvelle. 11 était naturel qu'ils prissent d’abord celle que leur pays leur offrait. Mais le marbre du Pentélique ou de l’Hymette, avec son grain très fin et très serré, est dur à travailler; le marbre des lies, qui est de grain beaucoup plus gros, éclate sous le ciseau bien plus aisément (cf. ci-dessus, p. 137, note 1). Instruits par l’expérience, les sculpteurs attiques s’empressèrent d’adopter, en général, le marbre des Iles; et dès lors il n’y a plus rien à conclure de l’origine du marbre pour l’origine de l’œuvre à laquelle il a servi. — Cf., à l’appui de cette opinion, une note de M. Benudorf : Wien. Jahreshefte , VI, 1903, p. 8, note 14.
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connu la statuaire de la Grèce orientale, et celle-ci les a séduits diversement, soit par la nouveauté élégante du costume ou par les coquetteries raffinées de la coiffure ou par la grâce riante des physionomies. Mais, de quelque côté qu’ils aient tourné leurs préférences, ils ont ceci en commun, que les emprunts opérés par eux n’ont pas été mûrement réfléchis et, si je puis dire, suffisamment digérés. Ce caractère-là, joint à ce qui subsiste encore des habitudes et conventions antérieures, témoigne que nous avons affaire, sans conteste, aux produits d’une époque de transition ; intermédiaires entre le Moschophore et le gros de la troupe des corés , cette catégorie de sculptures, où les éléments attiques et les ioniens sont juxtaposés plutôt que fondus ensemble, nous apporte la confirmation réelle de ce que nous avions présumé par raisonnement, au début de ce chapitre, à savoir que le courant d’influence, qui devait si fortement « ioniser » l’art attique dans la seconde moitié du vie siècle, n’arriva pas à la manière d’une inondation brusque, mais d’abord comme une infiltration lente et continue.
Il n’y a pas grande témérité à classer chronologiquement ces quelques marbres les uns par rapport aux autres : la tête Rampin, la tête d’Eleusis et la petite tête de l’Acropole qui lui ressemble si fort, doivent être les plus anciennes; puis vient, un peu plus récente, la tête de l’Acropole nü 617 Çfig. 12), suivie à son tour de la petite tête à polos ( fig . 13); les deux Sphinx peuvent être tous deux contemporains de la tête 617; enfin la statue xoanisante , moins âgée qu’elle n’en a l’air, a pourtant une sœur plus jeune dans la grande figure vêtue du chitôn kapoptggma. — En revanche, il serait paradoxal de vouloir assigner à chaque œuvre sa date fixe ; il faut se contenter de les dater en gros, toutes ensemble, et dans des limites assez larges : puisqu’elles sont postérieures au Moschophore , on les attribuera, sans risque d’une grosse erreur, à la période de 560-540 environ.