CHAPITRE III
APOGÉE DE L’INFLUENCE IONIENNE SUR L’ART ATTIQUE AU TEMPS DES PISISTRATIDES
C’est vers 540 aussi que Pisistrate remporte sou succès définitif ; depuis lors jusqu’en 510, pendant une trentaine d'années, les Pisistratides sont les chefs de l’État athénien1. Cette longue « tyrannie » fut pour Athènes une ère de calme comme elle n’en avait pas connu depuis Solon, de prospérité matérielle et d’éclat comme elle n’en devait plus connaître avant Périclès. — Nous sommes loin de savoir tout le détail de l’histoire des Pisistratides, et, particulièrement, il n’est guère possible de départir avec exactitude, dans l’ensemble de leur œuvre, ce qui appartient en propre au gouvernement du père et ce qui revient à celui des fils. Les trente années consécutives de leur règne font ainsi un bloc, et prennent un caractère d’unité absolue, qui n’est sans doute le fait que de notre ignorance. Les découvertes archéologiques de l’Acropole n’ont fourni à ce sujet aucune indication précise : dans l’histoire de la sculpture attique aussi, la période de 540-510 constitue une sorte de bloc, où 1 on ne saurait, sans arbitraire, introduire des divisions de temps.
A cette période appartiennent la presque totalité des corés archaïques et le grand fronton en marbre de la Gigantomachie , provenant de Y Hécatompédon remanié et décoré à nouveau. Les corés nous occuperont d’abord. Nous avons dit déjà2 la surprise qu’elles procurent à quiconque, ayant pris, dans le musée de l’Acropole, la statuaire attique à sa source, en descend le cours lentement et avec réflexion. Elles n’étonnent pas de la même façon que les deux statues samiennes3, qui sont,