‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 122 sur 312 · Cf. p. 165 sqq · texte numérisé non relu

Cf. p. 165 sqq

3. Cf. Au mus. de l'Acrop., p. 150 sqq. — M. Holwerda, dans un récent article (. Arch . Jahrbuch , XIX, 1904, p. 10 sqq., avec planche), est revenu sur la question du costume des corés. L'essentiel de sa thèse consiste en ceci, que la partie inférieure du vêtement, d’ordinaire tirée en dehors par une des mains, appartiendrait, non pas au chitôn, mais à l’himation. Mais, s’il en est ainsi, M. Holwerda aurait dû dire comment il explique le costume des corés 670 et 683 (Au mus. de l'Acrop., p. 151, fig. 8, et p. 157, fig. 11), lesquelles ne portent pas l'himation, et celui des corés 671 et 687 (Ibid., p. 153, fig. 9, et p. 161, fig. 12), lesquelles portent bien l’himation, mais d’une manière qui n’a rien avoir avec la démonstration faite parM. Holwerda. Cette démonstration ne doit pas, d’ailleurs, être rejetée tout entière : elle est juste en ce qui concerne le haut de l’himation, pourvu qu’on prenne seulement les dessins publiés par M. Holwerda et qu’on les commente un peu différemment qu’il n’a fait. Quant au bas, il me paraît qu’il y a erreur, que la pièce d’étoffe employée est deux fois trop grande en hauteur, que c'est le chitôn, non pas l’himation, que nous voyons sur les jambes, et que l'himation recouvre seulement le milieu du corps en biais.

1° Dans les unes, où plus rien ne se retrouve de l’ancien esprit attique, tandis que les traits les plus propres à la sculpture ionienne y ressortent en pleine lumière, on doit reconnaître les œuvres, soit d’artistes de l’Asie et des Iles immigrés à Athènes, ou bien d’artistes attiques élèves des précédents et bons imitateurs de leurs maîtres ;

2° D’autres sont d'un ou plusieurs degrés moins ioniennes qu’elles ne l’auraient voulu. Tantôt des lourdeurs et des maladresses d’exécution dénoncent une main qui n’a pas su encore se rendre experte aux habiletés et délicatesses qu'elle tentait d’imiter ; tantôt une certaine note dans la qualité du travail, un certain accent dans les traits et l’expression du visage indiquent que l’auteur n’avait pas réussi à se donner une âme tout à fait ionienne;

3° Enfin quelques-unes, peu nombreuses, et d’autant plus importantes, témoignent que la tradition attique existait toujours, que des artistes y demeuraient fidèles, ne cédant à la mode du jour que les indispensables apparences, mais étant pour le fond les fermes et exacts continuateurs du premier archaïsme attique.

Nous allons prendre dans cet ordre 1 les corés de l’Acropole, celles du moins qui valent le plus d’être signalées2, et, bien entendu, nous y joindrons, chemin faisant, les autres spécimens du même genre et de la même époque qui ont été découverts ailleurs encore.

Les corés qui présentent au plus haut degré le caractère ionien sont les deux qui portent aujourd’hui respectivement les nos 682 {Au musée de l'Acrop., p. 203, fig. 22) et 594 {Ibid., p. 181, fig. 16). La première a été maintes fois

1. M. Arndt ( Glypt . Ny Carlsberg, p. 1-2) a suggéré une répartition analogue, mais plus sommaire, des sculptures attiques de l’époque des Pisistratides.

2. Une nomenclature complète serait aussi fastidieuse qu’inutile. Beaucoup de ces figures, à cause de leurs dimensions très petites ou de leur travail visiblement négligé, ou encore parce que les mutilations subies leur ont fait perdre presque toute valeur, ne sont susceptibles de nous fournir aucun supplément appréciable d’information.

LES STATUES DE FEMME

publiée, décrite, à tout le moins mentionnée ; de la seconde on s’est occupé à peine >, sans doute parce qu’elle a le malheur d’être privée de sa tête: ce qui ne l'empêche pas, cependant, d’être une des plus belles parmi les sculptures archaïques que nous possédions.

La grande statue 682 1 2 fera toujours l’étonnement de quiconque l’examinera de près, par la peine inouïe qu’a prise son auteur pour la parer des plus raffinées coquetteries de la toilette. Il semble que rien autre chose ne doive compter en elle. Et, cela ôté, que reste-t-il en effet ? Il reste un corps de femme très lourd, à grosse poitrine, aux bras massifs, aux épaules fortes et carrées, avec une tête très allongée, aux joues plates, au nez long, au menton étroit et sec ; on n’y saurait découvrir nulle beauté, nulle élégance des formes. Mais la beauté et l’élégance, absentes de dessous, l’artiste s'est cru maître de les ajouter dessus, par des habiletés de son ciseau et de son pinceau. Il s’est livré à un travail extraordinairement minutieux de décoration pure 3. Les plis du chitôn sur la cuisse gauche, par devant, sont creusés en forme de fines cannelures; le rebord de l’himation, tendu de biais sur la poitrine, est festonné et découpé comme une collerette de fleur aux pétales délicats : sur l’épaule et le bras droit, les boutons d’agrafe, les «crevés », les pincées de petits plis frissonnants se pressent avec une invraisemblable abondance ; et, tout au long des deux vêtements à la fois, les broderies •coloriées, d’une largeur excessive, font cheminer la patiente et savante complication de leurs dessins. Le travail de la chevelure surtout retient l’attention ; les petites boucles recroquevillées sur le front et sur les tempes, d’une oreille à l’autre ; puis, plus haut, les petites mèches frisées qui semblent s’échapper en flottant de dessous la stéphané ; enfin, les longues boucles en torsades retombant sur les seins, quatre de chaque •côté, sont des merveillés de ténuité fragile et de recherche : quelle dextérité dans le maniement de l’outil ! mais aussi que •de temps perdu à ces fignolages !

1. Cf. Athen. Millheil., XII, 1887, p 145, n" 1 ; Perrot, Bist. de l'art, VIII, p. 585, pl. XII; Lepsius, op. I., p. 68, n° 12, fig. 2 : marbreries lies.

2. Bibliographie dans les Mvï]p.eïa Tf|ç 'EUâôoç, pl. XVIII; y djouter : C. Jœrgensen, Kvinde figurer..., pl. Il; Gazette des Beaux-Arts , 1886, t. XXXIII, p. 411 ; Perrot, Hist. de l'art, VIII, p. 589, fig. 295.

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