Cf. Au mus. de l'Acrop., p. 320 sqq
2. Il n’y en a guère que deux ou trois qui soient plus grandes. Elle mesure, en l’état actuel (depuis qu elle a été complétée par un fragment de la jambe gauche), environ 1",20.
3. Pour ce vêtement et les figures, très peu nombreuses, où on le rencontre, cf. Au mus. de l'Acrop., p. 180 sqq. — L’explication nouvelle que M. Holwerda (■ Rhein . Muséum, 1903, p. 523 sqq.) a proposée pour le costume de cette coré, ne me parait pas juste.
LES STATUES DE FEJ1ME
l’himation, et la saillie égale de ces deux pans parallèles a été adroitement utilisée pour obtenir, entre la ceinture et le bas de la cuisse, un étroit cadre d’ombre, au fond duquel resplendit la TcapusVj du chitôn. Tout le travail, laborieux et délicat, de ces draperies aux contours inégaux et aux épaisseurs multipliées, a été accompli avec une élégance aisée, sans effort apparent, et dénote une parfaite connaissance des ressources du marbre, en même temps que le désir de ne laisser aucune de ces ressources inemployées et de faire étalage d'une si enviable habileté technique.
Sans nul doute, cette statue appartient, elle aussi, à la famille ionienne. Elle en a tous les traits caractéristiques. Après ce que nous venons de dire de l’œuvre du ciseau, il faut signaler, en effet, la richesse raffinée et la prodigieuse minutie de la décoration peinte, le long des bords de l’himation et de Vépibléma et surtout dans la ■xapupr, du chitôn, où les zigzags intérieurs du méandre représentent une merveille de patience, étant faits non de simples lignes droites, mais d’une suite indéfinie de microscopiques dentelures. D’ailleurs, certains détails de facture sont identiques ou très analogues à ceux de la coré 682, qui a été étudiée tout à l’heure : plis « cannelés » du chitôn sur le haut de la cuisse gauche ; larges plis un peu obliques de l’himation sur le milieu du torse, retroussement du chitôn sous l'aisselle gauche1. Enfin, la troisième pièce du vêtement, Vépibléma , mérite d’autant plus l’attention que les exemples en sont plus rares. Cet amas de draperies, inspiré visiblement par un désir d’étendre le champ d’exercices du ciseau et du pinceau, de leur donner davantage à ciseler, à décorer, à fignoler, et, ainsi, d’accroître autant que possible la fastueuse élégance et la valeur esthétique de la figure, est un trait qui s’accorde trop bien avec l’esprit habituel de l'art ionien, pour ne pas fournir dès l’abord une forte présomption d’origine. De fait, nous ne trouvons un costume composé et arrangé de la sorte que dans deux autres
I. Ces ressemblances ou analogies — surtout celle îles plis cannelés sur la cuisse — sont intéressantes à un autre point de vue encore : pour la fixation de la date de la statue. L’excellence de l’exécution m’aurait aisément incliné à la faire descendre plus bas que l’année 500. Les ressemblances que j’ai dites engagent, au contraire, à la maintenir dans la péroide 540-500, avec la coré 682, à laquelle elle reste cependant supérieure: on admettra donc simplement qu’elle est plus récente que celle-ci.
statues seulement1 : l’une, que désigne à l’Acropole le n° 684 [Au musée de l’Acrop ., p. 369, fig. 38), nous apparaîtra, quand nous aurons plus tard à l’examiner, comme un dérivé direct de l’influence ionienne à Athènes; et l’autre, dont le costume s'augmente d’une quatrième pièce encore et dont la poitrine se pare luxueusement d’un collier à plusieurs tours, est une grande coré découverte à Délos2, laquelle ne peut avoir eu pour auteur qu’un artiste des Iles ou de la Grèce d’Asie.
Aussitôt après les deux importantes figures qui viennent d’être successivement étudiées, je placerai la coré 673 ( Au musée de V Acrop ., p. 297, fig. 25)3. Plus petite et moins brillante, elle est cependant très voisine des deux autres. On remarquera d’abord de quelle manière elle est drapée dans son himation : celui-ci, plus ample que d’ordinaire, au lieu de traverser le corps en biais, de l’épaule droite à l’aisselle gauche, est agrafé sur les deux épaules à la fois4; et ses beaux plis souples retombent ainsi en deux larges pans, dont les extrémités, un peu inégales, produisent un effet de pittoresque, analogue à celui qui résulte des masses opposées de l’himation et de Xépiblèma dans la coré 594 5. La chevelure dessine sur le front un arceau de frisures très coquettes, avec ses dix-huit petites boucles finement ondulées, bien alignées, et recroquevillées toutes de façon symétrique par rapport à l’axe de la tête, c’est à dire que, dans les neuf boucles de droite et dans les neuf de gauche, la petite volute terminale se trouve toujours tournée vers le milieu du front. Ces raffinements, si subtils qu’ils échappent en partie au regard non prévenu, et cette
1. La petite statue n° 615 (cf. Au mus. de V Acrop., p. 180-182), troisième et dernier exemple d 'épibléma surajouté à l'himation et au chitôn, présente un arrangement tout autre, sans analogie avec les deux précédents.
2. Mus nat. d'Athènes , 22; cf. Bull. corr. hell., XIII, 1889, pl. VIT.
3. Bibliographie dans les Mvr)p.eïa ty)ç 'EMâSoç, pl. XX11I ; y ajouter : Gazelle des Beaux-Arts, 1886, t. XXXIII, p. 419.
4. Rares exemples de cette mode en Attique: cf. Au mus. de V Acrop. ,p. 175- 176. — Deux exemples pareils à Delphes, dans une statue de marbre, qui provient d'un des frontons du grand temple (Bull. corr. hell., XXV, 1901, pl. XII ; Homolle, Fouilles de Delphes, IV, pl. XXXIV, 1), et dans une Nike ailée en marbre, qui paraît provenir d’un des acrotères du même temple [Bull. corr. hell., I. I., pl. XVI ; Homolle, op. I., pl. XXXIV, 2 : Perrot, Hist. de l'art, VIII, p. 573, fig. 287).