Cf. ci-dessus, p
LES STATUES DE FEMME
brillante habileté dans le travail des draperies ne sont pas chose banale, sauf chez les artistes ioniens ; c’est leur manière habituelle qu’on retrouve là, et l’on retrouve aussi leur habituel parti pris dans cette tête arrondie et allongée en arrière1, dans ce visage aux joues pleines et molles, au sourire excessif, aux yeux très obliques avec l’angle interne recourbé en forme de petit crochet'2.
A cette statue viennent s’en joindre immédiatement plusieurs autres. — D’abord la petite figure n° 6003. Elle est privée de sa tête; mais, pour le corps, elle est identique à la précédente, et porte son himation agrafé de la même manière sur les deux épaules. Elle est, en somme, à peu près dans le même rapport avec la coré 673 que l’est la petite statue 675 avec la grande 682 4. — Arrive ensuite une œuvre plus considérable, la coré 670 (Au musée de l'Acrop., p. 151, fig. 8)5. Si elle paraît au premier abord très différente de la statue 673, cela tient à l’absence de l’himation et à la nature du geste de la main gauche. Or, ces deux particularités doivent procéder d’une seule et même cause, que j’appellerai brièvement : raison d’économie. Supprimer l’himation avec ses nombreux plis superposés et le délicat festonnementde sa bordure supérieure et ses longs pans en pointe flottant au vent, puis fermer le geste du bras gauche, de façon que la masse des plis du chitôn et l’avant-bras, au lieu d’être rejetés en dehors et découpés à jour, ne fissent plus qu’un avec le corps même0, c'était abréger le travail de plus de moitié ; et on admettra sans peine que certains acheteurs, ménagers de leurs drachmes, aient accepté volontiers une économie de ce genre7. C’est pourquoi
1. Cf. Musées cl' Athènes (éd. Rhomaïdis), pi. VIII : vue de dos de la statue.
2. 11 n’est pas sans intérêt de comparer le détail de ces traits avec ceux d’un grand masque en terre cuite, trouvé à Camiros dans l’ile de Rhodes (cf. Salzmann, Nécrop. de Camiros , pl. XII). Ce masque et ses pareils doivent compter, naturellement, parmi les plus sûrs témoins de l’art propre à la Grèce orientale.