Cf. ci-dessus, p
5. Bibliographie dans les MvY][/.sïa rrjç 'EXXiSoç, pl. XXV, 1 ; y ajouter : C. Jœrgensen, Kvinde figurer..., p. 18, fig. S; Brunn-Bruckmann’s Denkmæler, gravure dans la notice de la pl. 556 ; Perrot, Hist. de l'art, VIII, p. 518, fig. 290.
6. Comparer le procédé des coroplastes, lesquels s’arrangeaient le plus souvent pour que la statuette entière, ou du moins toute la moitié antérieure, vint d’un seul coup et n’eût besoin d’aucune pièce rapportée.
7. Les figures qui ne sont vêtues que du chitôn ne sont d’ailleurs pas une exception rare ; à l’Acropole seulement, il y en a plusieurs (cf. Au mus. de l'Acrop., p. 158).
on fera bien de ne pas donner à ces différences entre les deux statues plus de valeur qu’elles n’en ont en réalité; elles pèsent fort peu, en face d’une ressemblance qui est, celle-là, d’ordre essentiel. Les visages des deux corés , en effet, sont absolument les mêmes : oreilles grosses et lourdes, lèvres très effilées à l’extrémité, épais pli de chair sous les pommettes, yeux très obliques avec le petit crochet à l’angle interne1, les deux figures sont identiques dans tous ces traits, ou du moins aussi pareilles que possible, dès lors qu’elles ne sont pas une copie mécanique l’une de l’autre2. — Enfin, à elles deux se trouve unie, par une ressemblance tout aussi forte dans les mêmes traits, une tète de femme découverte au Ptoïon3. La coré, dont cette tête est le seul reste, n’est sûrement pas un produit de l’art local béotien, même si c’est un Béotien qui en fit hommage au sanctuaire d’Apollon Ptoos4; dressée au voisinage d’une statue d’homme5, qui était l’œuvre d’un Samien et venait peut-être tout droit de Samos, elle était pareillement une étrangère. Qu’elle soit venue, elle, d’un atelier de l’Attique ou des Iles, elle porte en tout cas, sur sa physionomie, la même estampille d’origine que les deux corés 670 et 673 de l'Acropole. Et que cette marque originelle, qui leur est commune à toutes trois, soit bien la marque ionienne, nous en
1. Je crois qu’on doit remarquer, avec une attention particulière, celte forme arrondie et un peu abaissée du coin de l'œil , dans le contour duquel est logée la caroncule lacrymale (qui, elle-même, n’est pas indiquée encore : elle ne le sera guère avant le commencement du v° siècle). Ce détail apparaît pour la première fois dans des œuvres de l’époque « mycénienne ». On l'observe — avec l’obliquité très marquée des yeux — sur la curieuse tète de femme en chaux coloriée, découverte à Mycènes en 1896 et publiée par M. Tsountas (’Eçr.p. àp/., 1902, p. 1 sqq., pl. 1-11); on le retrouve aussi dans les peintures de Cnossos, par exemple sur cette tête de femme, d’un type et d’une facture si incroyables pour l’époque, que M. Evans a publiée dans son Rapport de 1901 (cf. Annual of Brit. School at Athens , VII, p. 37), et sur les femmes de ce tableau que M. Evans appelle familièrement « la fresque du toréador » et que j'ai proposé d’appeler « scène de tauracrobatie ». — Ce trait-là a passé, comme beaucoup d’autres, de l’art mycénien a l’art ionien, et c’est dans des figures ioniennes du vi” siècle que nous le retrouvons sous sa forme la plus franche. Je ne dis pas qu’il se rencontre dans toutes les figures ioniennes, mais je crois que c’est dans celles-là seulement qu’on en constate la présence, à commencer par la Nike ailée de Délos : cf. Athen. Millheil ., XV, 1890, p. 7 (Græf).